Trèfle blanc

Trifolium repens

Trifolium repens, le trèfle rampant, est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Fabaceae, sous-famille des Faboideae, originaire des régions tempérées de l'Ancien Monde. C'est l'une des espèces les plus répandues du genre Trifolium (les trèfles). Utilisée comme fourrage, c'est également une adventice des terres cultivées (notamment les vergers irrigués) et des jardins. C'est une plante très basse à tige rampante, reconnaissable à ses inflorescences blanches, parfois un peu rosées, au parfum assez agréable.

Noms vernaculaires 
trèfle-blanc, trèfle-rampant, petit-trèfle-blanc, trèfle-bâtard, traînelle, coucou, trifolet, triolet-blanc[1],[2], trèfle de Hollande[3].

Description

Écologie et habitat

Plante vivace poussant en plaine et en montagne (jusqu'à 2 750 m) dans toute l'Europe et l'Amérique du Nord, à l'exception des zones boréales. Très commune, elle s'adapte à tous les types de sols, et peut se rencontrer dans les prés, les pelouses, les talus, sur le bord des routes ou des chemins. Elle a cependant une préférence pour les sols bien drainés.

C'est une plante bioindicatrice d'un sol riche en bases et en matières organiques et subissant de forts contrastes hydriques[4].

C'est aussi une plante de lumière et qui peut rapidement remplir les espaces vides grâce à ses stolons[5]. Sa présence en proportion importante (>50% dans les prairies permanentes) peut donc trahir une situation de surpâturage.

Morphologie générale et végétative

Feuille

Plante herbacée rampante à stolons, à peu près glabre, dont les tiges atteignent de 10 à 40 cm. Feuilles à long pétiole, avec de grandes stipules blanchâtres et un peu membraneuses, pointues à leur sommet. Les folioles sont elliptiques, presque aussi larges que longues, denticulées, à nervures translucides, avec en général une tache blanche plus ou moins triangulaire en leur centre.

À noter la forme rare de trèfle à quatre feuilles, qui aurait une origine génétique.

Morphologie florale

Fleur

Fleurs hermaphrodites groupées en têtes sphériques à long pédoncule. Elles sont en principe blanches, parfois rosées, à étendard érigé, pendantes lorsqu'elles commencent à se faner (il n'est pas rare de voir des inflorescences dont la moitié inférieure a des fleurs inclinées, tandis que la moitié supérieure porte des fleurs érigées). Petit calice à cinq dents.
La pollinisation se fait par les abeilles (fleur mellifère).
La floraison s'étale d'avril-mai à octobre.

Fruit et graines

Les fruits sont des gousses bosselées et étroites à trois ou quatre graines.

Utilisations

Champs de trèfles

Le trèfle blanc est un excellent fourrage, résistant bien au piétinement et améliorant la qualité du sol. Il est généralement semé en association avec du ray-grass anglais ou en mélange plus complexe avec d'autres espèces.

Le trèfle blanc est météorisant et la plante en fleur contient des cyanures qui peuvent nuire à la santé des bovins[4] mais comme il est presque toujours cultivé comme fourrage en association, ce n'est généralement pas un problème en élevage[5]. Au printemps, cependant, les mises à l'herbe dans ce type de prairies doivent être particulièrement surveillées et parfois être faites de façon progressive.

Le trèfle blanc a cependant été et reste considéré comme indispensable pour l'établissement de prairies complexes de longue durée sauf peut-être dans les terres calcaires où on peut lui préférer le sainfoin . La proportion souhaitée est de 30% environ[6].

Il est particulièrement apprécié en agriculture bio ou durable et il permet de toute façon une économie sur la fumure azotée.

Dans les années 1980, la réussite du modèle d'André Pochon, en Bretagne, a relancé l'intérêt de la culture du ray-grass anglais en association avec le trèfle blanc.

En raison des priorités assignées à l'agriculture en France pendant les Trente Glorieuses, les travaux de sélection sur le trèfle blanc ont été peu nombreux en France, les semences étaient principalement importées de Nouvelle-Zélande.

On lui reconnaît des propriétés expectorantes et diurétiques. Les fleurs sont astringentes et vulnéraires.

Variétés cultivées

Près de 140 variétés sont inscrites au catalogue européen des espèces et variétés et près de 30 au catalogue français.

On distingue trois types variétaux : nain, intermédiaire ou hollandicum et géant ou ladino. Le ladino a des feuilles bien plus grandes[5].

Toxicité

Le trèfle blanc n'est pas considéré comme pathogène ni pour l'homme ni pour les animaux domestiques. Cependant il est susceptible de contenir des composés toxiques ou anti-nutritionnels qui peuvent, dans certaines circonstances et s'il est consommé en grandes quantités, le rendre dangereux pour le bétail. Comme d'autres légumineuses fourragères, il peut être la cause de météorisation chez le bétail, notamment chez les bovins. Il peut être responsable de cas de fourbure chez les chevaux et les bovins. Certaines variétés cultivées peuvent libérer après ingestion de l'acide cyanhydrique (HCN), provoquant une intoxication cyanogénique chez les animaux. Le trèfle blanc peut également contenir des œstrogènes lorsqu'il est infecté par certaines espèces de champignons[7].

Les glucosides cyanogènes présents chez le trèfle blanc sont la linamarine et la lotaustraline. Ils peuvent se décomposer et libérer de l'acide cyanhydrique sous l'action d'une enzyme, la linamarase. Leur présence, ainsi que celle de la linamarase, est liée à un facteur génétique, de sorte que seuls certains individus et certaines populations sont cyanogènes[8]. Ainsi les variétés du type « ladino » n'ont que 6 % de plantes cyanogènes, tandis que celle du type « géant » en ont 81 %, ce pourcentage étant respectivement de 38 et 27 % chez les variétés des types « nain » et « intermédiaire »[9].

Le risque d'intoxication cyanogénique du bétail est faible, mais celui-ci peut être exposé à d'autres risques. En effet les métabolites contenant du cyanure peuvent interférer dans le métabolisme du sélénium chez les ruminants. La consommation de quantité importante de fourrage cyanogène durant la période de gestation expose les jeunes animaux en croissance rapide à un risque de myopathie nutritionnelle par dégénérescence musculaire. Un niveau élevé de cyanogénèse peut aussi créer un risque de formation de goitre, notamment chez les ovins, en fonction des réserves corporelles en iode. Il est recommandé de n'utiliser que des variétés de trèfle blanc dont le taux d'acide cyanhydrique est inférieur à 750 µg par g de matière sèche[8].Le trèfle blanc contient également du coumestrol, flavonoïde œstrogénique qui peut interférer dans la reproduction ou favoriser la croissance[8]. Le trèfle blanc peut contenir de faibles teneurs d'autres phytoestrogènes : formononétine, biochanine A et génistéine[10].

Signification dans le langage des fleurs

Trèfle à quatre feuilles

Le trèfle blanc signifie : « Pense à moi ».

Quatre feuilles portent bonheur.

Notes et références

  1. J. Caputa, Les plantes fourragères, Lausanne, Payot, , 208 p., p. 36-38.
  2. Gaston Bonnier et Robert Douin (ill. Julie Poinsot), La Grande Flore en couleurs de Gaston Bonnier, t. 3, Éditions Belin, , p. 252.
  3. « Ethnobotanique - Trifolium repens L. », sur Tela Botanica (consulté le 24 août 2018).
  4. a et b G. Ducerf, C. Thiry, Les Plantes bio-indicatrices, Briant, Éditions Promonature, (ISBN 978-2-9519258-0-9)
  5. a b et c « Le trèfle blanc », sur GNIS (consulté le 23 mai 2018)
  6. « Les prairies temporaires avec association d'espèces », sur Chambre d'agriculture de Normandie (consulté le 23 mai 2018)
  7. « Trèfle blanc (Nom commun) », sur Système canadien d'information sur les plantes toxiques (consulté le 24 août 2018).
  8. a b et c (en) « The Biology and Ecology of the White Clover (Trifolium repens L.) in Australia », Australian Government - Department of Health and Ageing - Office of the Gene Technolohy Regulator, .
  9. D. Lecomte, « Choisir la variété de trèfle blanc adaptée à des besoins particuliers », Fourrages, vol. 135,‎ , p. 363-368 (lire en ligne [PDF]).
  10. (en) J. R. Caradus, W. McNabb, D. R. Woodfield, G. C. Waghom et R. Keogh, « Improving quality characteristics of white clover », Proceedings Agronomy Society of N.Z., vol. 25,‎ , p. 7-12 (lire en ligne).

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes