Peinture (matière)

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Pot de peinture verte renversé, avec un film de peinture séchée
Pots de gouaches colorées


La peinture est une composition liquide, liquéfiable ou en mastic, employée pour protéger, décorer ou améliorer la surface d'un objet en le couvrant d'un enduit pigmenté.

Utilisation

Dans le domaine artistique, la peinture est la matière utilisée par les artistes-peintres et composée de différents matériaux (pigments en poudre, liant, résines, encre) ; elle est utilisée selon différentes techniques picturales (huile, acrylique, aquarelle, pastel, gouache, etc.) destinées à l'expression personnelle et à la création d'œuvres d'arts. Le terme peut aussi désigner l'œuvre créée avec cette technique.

Articles connexes : Peinture et Tableau (beaux-arts).

Utilisées en décoration intérieure et pour toutes sortes d'objets de la vie quotidienne, les peintures utilitaires sont des produits vendus au rayon « bricolage », les produits spécifiques pour artistes étant vendus au rayon « Beaux-arts ». Depuis le début du e siècle, les artistes ont expérimenté de nouvelles voies et tendent à briser les normes et les tabous en introduisant dans leurs œuvres les matériaux du bricolage.

La peinture se présente en général sous forme liquide et est appliquée selon son utilisation en une ou plusieurs couches, avec un pinceau, un rouleau ou par projection. Les peintures peuvent aussi être sous forme pâteuse et s'appliquer avec un couteau (une petite truelle). Dans la pratique artistique ou domestique, la peinture s'applique parfois à la main (peinture pariétale, art contemporain) mais plus souvent au pinceau, au rouleau, au couteau et même au balai chez certains artistes contemporains qui travaillent à plat sur de très grandes surfaces.

Afin d'obtenir un revêtement solide, il est nécessaire de sécher les peintures liquides par évaporation des solvants ; cette étape est généralement suivi d'une réticulation qui améliore les propriétés physiques du revêtement.

Dans l'industrie, on utilise aussi des peintures en poudre, appliquées par projection électrostatique ou trempage, qui sont par la suite réticulées.

Dans le second œuvre du Bâtiment, la peinture en filière sèche, préfabriquée industriellement, se présente sous forme d’un système de peinture constitué d’un feuil sec complexé à un substrat souple. Il s’applique aux supports (absorbants ou non) grâce à une résine d’assemblage.

Composition

Les éléments d'une peinture (ou d'un enduit) se composent généralement de[1] :

  • charges ou matières de charge, ces poudres insolubles n'apportent, contrairement aux pigments, qu'une faible opacité et une faible coloration. Elles ont longtemps eu la réputation de n'avoir comme principale vocation que d'ajuster la concentration pigmentaire volumique à faible coût, mais elles jouent un rôle important sur les caractéristiques rhéologiques et mécaniques d’une peinture, sur l’imperméabilité, la facilité de ponçage, la résistance à l’abrasion, l'augmentation de la dureté (exemples : talc, mica, silice, carbonate de calcium) ;
  • pigments, ce sont des poudres fines ayant pour rôle de rendre opaque, colorer, garnir la peinture (Terre de Sienne, Ocre jaune, oxyde de fer, oxyde de zinc, par exemple) ;
  • liants ou médiums, qui lient les pigments/grains entre eux et donnent la consistance et la transparence (huile de lin, résines, gomme arabique, cires, etc.) ;
  • diluants ou solvants, dont le rôle est de rendre le liant assez fluide pour permettre une application plus facile des peintures (essence de térébenthine, eau, white spirit, benzène ); après application les diluants s'évaporent (eau) ou siccativent (huile), ce sont des liquides volatils, et la peinture durcit (on dit qu'elle sèche) ;
  • adjuvants, produits que l'on utilise en petites quantités pour renforcer certaines propriétés des peintures, telles que la résistance au feu, aux champignons, aux insectes… Le plus connu est le siccatif, qui a pour rôle d'activer le séchage des peintures.

En dehors des pigments et des liants, on trouve dans la peinture divers produits qui en améliorent l'élasticité ou la résistance.

On peut aussi trouver des siccatifs qui accélèrent le séchage. D'ailleurs, on peut reconnaître certains courants artistiques aux choix des solvants et siccatifs : très sombres dans le nord de l'Europe, très clairs en Italie.

Les peintures en poudre n'ont pas de solvant. Le liant est souvent un produit qui se transforme en polymère, la peinture forme alors une couche plastique ; cette polymérisation peut se faire par l'évaporation du solvant, ou par exposition à la chaleur (cuisson dans un four) (reticulation).

On appelle souvent «sans solvant» les peintures acryliques ou vinyliques, dont le solvant est de l'eau.Cependant, les peintures ne contenant pas de solvant hydrocarbure (exemple : white spirit) peuvent contenir des additifs comme les éthers de glycols pouvant eux aussi nuire à l'environnement et à l'homme. Il est donc nécessaire de se protéger au maximum en manipulant ces produits avec des masques, des gants, voire des lunettes, et de ne pas les jeter ni dans les systèmes d'évacuations (éviers, sanitaires…), ni dans la nature.

Contaminants

Les deux contaminants les plus fréquents sont

  • les solvants toxiques, cancérigènes ou mutagènes.
  • les métaux lourds ou métalloïdes toxiques. Dans ce cas ils peuvent avoir volontairement introduit comme pigment (ex : plomb de la céruse de plomb) ou comme siccatif (ex : plomb introduit dans certaines peintures et vernis pour en accélérer le séchage). Il peut aussi s'agir de métaux involontairement introduits avec d'autres pigments impurs. Ainsi des cas graves de saturnisme infantile persistent dans le monde, en raison de peintures anciennes, mais aussi en raison de peintures récentes ; ce pourquoi en 2018, une Initiative internationale volontaire a été conjointement lancée par le Programme des Nations Unies pour l'environnement et par l'Organisation mondiale de la santé), en s'appuyant sur une Alliance mondiale pour l’élimination des peintures au plomb créée en 2009 par une résolution unanime votée lors d'une réunion de l' Approche stratégique de la gestion internationale des produits chimiques (SAICM) ; Cette initiative est une « loi-type » d'interdiction progressive puis totale des peintures contenant plus de 90 ppm de plomb, proposé à tous les Etats-membres n'ayant pas encore légiféré ou pas efficacement légiféré à ce sujet [2].
    Cette loi est présentée comme pouvant être aisément adaptée aux droits nationaux des pays pauvres où ces peintures sont encore courantes.

Selon les auteurs de ce projet de loi-type, la contamination involontaire des peintures par le plomb est si fréquente qu'il ne semble pas possible de viser le "zéro plomb"[3], ils proposent 90 ppm comme seuil légal à ne pas dépasser[2].

Certaines peintures sont volontairement très enrichies en métaux toxiques (minium de plomb par exemple pour des peintures antirouille), hautement écotoxiques (métal alors destinés à être lentement relargués par la peinture par exemple pour protéger une coque de navire de la corrosion et/ou du recouvrement par un biofilm puis un fouling qui freinerait le bateau (peintures antifoulings). Dans d'autres cas la peinture a une vertu de pesticides (insecticides, fongicide, bactéricide...) pour protéger le bois qu'elle recouvre.

Types de peintures

Par médium artistique

Turner, J. M. W. - The Fighting Téméraire tugged to her last Berth to be broken.jpg

Par techniques et procédés picturaux

  • Le collage (Pablo Picasso, Georges Braque)
  • Le sumi-e, peinture japonaise à l'encre (sumi)
  • La peinture alla prima : en une seule couche et une seule séance
  • Les projections (splashing) : consiste à projeter la peinture à distance sur la toile comme le dripping ou action painting (all-over de Jackson Pollock)
  • La peinture à la brosse : on met de la peinture sur un pinceau brosse, un chiffon et on le frotte sur un support afin de perdre une partie de la peinture, quand on peindra ensuite, on aura un effet évanescent de la couleur.
  • La fresque ou a fresco : peinture à la chaux sur un mur
  • Le monochrome (Yves Klein, Pierre Soulages)
  • La grisaille et le camaïeu
  • La peinture en glacis ou peinture transparente
  • La peinture par aplats lorsque les champs colorés sont uniformes
  • La peinture liquide (pours ou pouring en anglais) : peinture fluidifiée à l'aide de médium ou d'eau et qui permet d'avoir des effets de coulures
  • Le sgraffito ou peinture par grattage ou scarifications : consiste à l'aide d'un outil abrasif, coupant à prélever de la matière, du médium et de mettre au jour les couches inférieures, voire le support même, qui peut être ainsi même attaqué, troué.
  • L'enluminure ou miniature (encre sur papier ou parchemin)
  • La calligraphie
  • Les techniques mixtes ; lorsque plusieurs médiums sont mélangées sur le même support (acrylique et huile, aquarelle et pastel, etc.)

Par outils

Article détaillé : Outils de peinture.

Les peintres utilisent pour étendre les couleurs sur les différents supports à peindre des outils spéciaux, de fabrication industrielle ou artisanale, voire aussi tout simplement leurs doigts et/ou leurs corps, des tissus ou n'importe quel objet qui leur tombe sous la main.

Par support

Article détaillé : support de peinture.

La peinture peut être appliquée sur une multitude de supports et matières :

Notes et références

  1. lire en ligne), p. 8.
  2. a et b Model Law for Regulating Lead Paint / Loi type pour la régulation de la peinture au plomb ; 3rd Inter-Ministerial Conference on Health & Environment in Africa, Libreville, Gabon, 6-9 Novembre 2018
  3. « Pourquoi 90 parties par million (ppm)? Consensus international croissant: 90 ppm sont réalisables pour les méthodes de détection actuelles et réalisables par les fabricants du monde entier » (Page 19 de la https://wedocs.unep.org/bitstream/handle/20.500.11822/27028/Model-Law-Lead-Paint.pdf?sequence=1 présentation] faite à Libreville au Gabon les 6-9 Novembre 2018)

Voir aussi

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • J. F. Montagne, R. Szkudlarek et G. Toulemonde, Peintures et Revêtements, Paris, Casteilla, coll. « Mémotech », juin 2007, 400 p. (ISBN 978-2-7135-2927-6) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Anne-Marie et Jean-Claude Misset, Cahier de recettes de la marchande de couleurs, Paris, Charles Massin, 110 p. (ISBN 978-2-7072-0452-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Garcia, Le métier de peintre, Dessain et Tolra
  • Secrets de peintres, Fleurus
  • Les techniques de l'art, Flammarion
  • André Beguin, Dictionnaire technique de la peinture (3 volumes), Vander
  • François Perego, Dictionnaire des matériaux du peintre, Belin, Paris, 2005, 896 pages. (ISBN 2-7011-2135-3)
  • Jean-Pierre Brazs, Manières de peindre, carnets d'atelier, éd.Notari, Genève, 2011. (ISBN 978-2-940408-48-1)
  • Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 1, Puteaux, EREC,
  • Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 2, Puteaux, EREC,
  • Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 3, Puteaux, EREC,

Articles connexes

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