Or
English: Gold

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Or
Image illustrative de l’article Or
Pépite d'or issue d'un gisement détritique.
PlatineOrMercure
Ag
 Structure cristalline cubique
 
79
Au
 
        
        
                  
                  
                                
                                
  
                      
Au
Rg
Tableau completTableau étendu
Position dans le tableau périodique
SymboleAu
NomOr
Numéro atomique79
Groupe11
Période6e période
BlocBloc d
Famille d'élémentsMétal de transition
Configuration électronique[Xe] 6s1 4f14 5d10
Électrons par niveau d’énergie2, 8, 18, 32, 18, 1
Propriétés atomiques de l'élément
Masse atomique196,966569 ± 4×10-6 u[1]
Rayon atomique (calc)135 pm (174 pm)
Rayon de covalence136 ± 6 pm[2]
Rayon de van der Waals166 pm
État(s) d’oxydation3, 1
Électronégativité (Pauling)2,54
OxydeAmphotère
Énergies d’ionisation[3]
1re : 9,22553 eV2e : 20,20 eV
Isotopes les plus stables
Iso AN Période MD Ed PD
MeV
195Au{syn.}186,1 jε0,227195Pt
196Au{syn.}6,183 j94 % ε
6 % β-
1,506
0,686
196Pt
196Hg
197Au100 %stable avec 118 neutrons
198Au{syn.}2,69517 jβ-1,372198Hg
199Au{syn.}3,169 jβ-0,453199Hg
Propriétés physiques du corps simple
État ordinairesolide
Masse volumique~19,3 g·cm-3 (20 °C)[1]
Système cristallinCubique à faces centrées
Dureté2,5
Couleur- jaune métallique par réflexion sur une surface d'or ;
- bleu-vert par transparence à travers une feuille d'or.
Point de fusion1 064,18 °C (congélation)[4]
Point d’ébullition2 856 °C[1]
Énergie de fusion12,55 kJ·mol-1
Énergie de vaporisation324 kJ·mol-1 (1 atm, 2 856 °C)[1]
Volume molaire10,21×10-6 m3·mol-1
Pression de vapeur0,237 mPa
Vitesse du son1 740 m·s-1 à 20 °C
Chaleur massique128 J·kg-1·K-1
Conductivité électrique45,2×106 S·m-1
Conductivité thermique317 W·m-1·K-1
Solubilitésol. dans eau régale[5]
Divers
No CAS7440-57-5[6]
No ECHA 100.028.332
No CE231-165-9

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.
Or
Image illustrative de l’article Or
Or natif - Venezuela
Identification
No ECHA 100.028.332
PubChem23985
No EE175
Propriétés chimiques
Masse molaire197g/mol

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.
Or
Gold-crystals.jpg
Caractéristiques générales
Formule chimique
AuVoir et modifier les données sur Wikidata
Couleur
Date de découverte
Vers VIe millénaire av. J.-C.Voir et modifier les données sur Wikidata
Découvreur
InconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
prix
InconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
Caractéristiques physiques
Système cristallin
Masse atomique
196,97 unité de masse atomique unifiéeVoir et modifier les données sur Wikidata
Caractéristiques mécaniques
Module de Young
79 GigapascalVoir et modifier les données sur Wikidata
Dureté de Mohs
3Voir et modifier les données sur Wikidata
Résistance à la rupture
120 mégapascalVoir et modifier les données sur Wikidata
Coefficient de Poisson
0,4Voir et modifier les données sur Wikidata
Caractéristiques thermique
Point de fusion
1 064,18 degré CelsiusVoir et modifier les données sur Wikidata
Point d'ébullition
2 940 degré CelsiusVoir et modifier les données sur Wikidata
Conductivité thermique
318 watt par mètre-kelvinVoir et modifier les données sur Wikidata
Capacité thermique
25,42 joule par mole KelvinVoir et modifier les données sur Wikidata
Caractéristiques électriques
Conductivité électrique
45 200 000 ampère par volt mètreVoir et modifier les données sur Wikidata
Caractéristiques economique
Prix
39 206,23 Franc suisseVoir et modifier les données sur Wikidata

L'or est l'élément chimique de numéro atomique 79, de symbole Au. Ce symbole, choisi par Berzelius, est formé des deux premières lettres du mot latin aurum (de même sens).

Généralité, étymologie et histoire de l'élément et du corps simple

Le corps simple or est un métal noble, un métal précieux coloré précisément en jaune d'or, matière pure dense, très ductile et molle, facile à travailler, parfois simplement à la main et au bâton, connue de toute antiquité, appréciée pour son fort éclat de « petit soleil », en particulier sous forme de diverses parures depuis la fin du néolithique (début du chalcolithique) ou de pièces de monnaie depuis l'Antiquité, et très recherchée, avec l'argent, depuis les temps historiques pour sa fonction monétaire déterminante[a].

Le nom de l'or et le symbole Au viennent du latin aurum, de même signification, qui a donné l'adjectif aurifère qualifiant une matière ou un corps contenant de l'or. Dans les anciens textes français, on le trouve parfois avec l'orthographe « aur ». Dans les langues germaniques on trouve gold, geld, gyld. L'or symbolise souvent une émanation d'une matière céleste et solaire. La Nubie est le pays de l'or (nub) conquis par la violence par les anciens Égyptiens.

L'or est le troisième élément du premier groupe secondaire p. Sa structure électronique atomique correspond à [Xe] (4f)14 (5d)10 (6s)1. Du point de vue chimique, l'or est un métal de transition susceptible de former des cations mono- et trivalents en solution. Il est moins réactif que la plupart des autres métaux de transition, mais est attaqué par l'eau régale en donnant de l'acide chloraurique HAuCl4, ainsi que par les solutions alcalines de cyanure, mais pas par les acides chlorhydrique HCl, nitrique HNO3 ni sulfurique H2SO4. Comme le plomb, il se dissout dans le mercure en formant un amalgame, mais ne réagit pas avec ce métal. L'or étant insoluble dans l'acide nitrique, qui dissout pourtant l'argent et les métaux communs, cette propriété permet de le séparer et de le purifier.

L’art du travail de l’or est l’orfèvrerie.

L'or trouve des applications industrielles en odontologie et en électronique, en raison de sa très bonne tenue face à la corrosion et de son excellente conductivité électrique, mais sa principale utilisation demeure la thésaurisation. Les banques centrales du monde cumulaient ainsi 27 113 tonnes d'or en juin 2010[7], dont près de 40 % détenus dans la zone euro et 30 % par les États-Unis (la Chine ayant exprimé son intention de porter ses réserves à 5 000 t[8]), tandis qu'environ 15 000 tonnes d'or seraient détenues au titre de l'épargne privée en Inde[9].

Ancien Monde

Un des plus vieux objets en or en Bulgarie actuelle a été mis au jour dans la nécropole de Varna. Il est daté du milieu du Ve millénaire Ve millénaire av. J.-C.[10].

En dehors de l'Égypte et du Moyen-Orient qui l'impose précocement dans un rôle monétaire, l'Homme utilise l'or de façon significativement importante en Europe depuis le IIIe millénaire IIIe millénaire av. J.-C., les tombes collectives révèlent des pièces d'orfèvrerie ouvragées, sous forme d'enroulement, de perles annulaires et de fils d'or, autant de probables reliquats d'objets luxueux.

Au Chalcolithique, à la fin de la Préhistoire, les parures en or des peuples atlantiques, probables symboles de pouvoir, mêlent des perles hélicoïdales, des lunules, des colliers à lamelles découpées aux armes et pointes de flèches. À l'âge du bronze, une diversification des objets est constaté, il existe des diadèmes, des torques et des bracelets avec de la vaisselle. L'essentiel des découvertes est apporté par la fouille de tombes individuelles, par exemple celles des "princes armoricains" à urnes de bronze. Par ailleurs, la thésaurisation de l'or par enfouissement, offrande ou cachette provisoire de trésor paraît croissante, ce sont des dépôts indépendants de l'art funéraire. À l'âge du bronze moyen, les dépôts d'or sont communs alors que les vrais bijoux d'or disparaissent des sépultures, comme le prouvent les tombes du midi français ou les tumuli de la forêt de Haguenau[b]. Au bronze final, sur de vastes pans de territoires européens, s'observent une raréfaction des dépôts d'or alors que les reliquats funéraires sont insignifiants ou rares. Au début de l'âge du fer, l'emploi de l'or semble plus réduit : les tumuli des territoires celtes de la période Hallstatt en Allemagne du sud, France de l'Est, Suisse... livrent toutefois communément des coupes en or, des armes à incrustations d'or. À la fin de cette période, surtout après 550 avant J.-C., des tombes princières appartenant à une aristocratie commerciale apparemment établie, tombes parfois à char de parade ou à coque de navire protectrice que longtemps les archéologues ne peuvent concevoir également masculines, livrent de rutilants objets en or, placés à côté de vaisselles imposantes de bronze, de plaques de ceintures ou pièces également en bronze, et de diverses armes en fer dont des poignards ou de fer de lance[c]. Lors de la période de la Tène, les tertres princiers se raréfient, tout en gardant des objets typiques en or, en fer et en bronze.

Dague en bronze altérée avec unique reliquat de la gaine de poignée plaquée-découpé en or toujours inaltéré. Site crétois de Malia (1800-1700 BC). Musée archéologique d'Heraklion.

Du point de vue de l'histoire des techniques, c'est un des premiers métaux colorés reconnus par le métallurgiste de l'Antiquité avec le cuivre et les bronzes (sic)[d].

L'or semble servir presque partout dans les grandes civilisations à la parure des puissants et aux cérémonies religieuses. L'assimilation de l'or au disque solaire divinisé en est peut-être un des leviers communs les plus puissants. On retrouve des amulettes en or dans les tombes égyptiennes à chacune des grandes époques de l'Égypte antique. Les plus puissants, tels Toutânkhamon et Ramsès, se firent enterrer avec des masques mortuaires en or et autres parures.

Les quantités disponibles étaient très faibles. En Égypte, on extrayait l'or dans des endroits désertiques et sans eau au prix du sacrifice de nombreux travailleurs (il n'y avait pas d'esclaves dans l'Égypte ancienne). Les grandes puissances s'assuraient de l'or par l'intermédiaire des tributs ou par la victoire militaire. La victoire sur les Hyksôs assura ainsi de larges quantités d'or au pharaon. On retrouve à travers toute l'histoire des victoires « auréolées » : de celle de Trajan vainqueur des Daces, au début du e siècle rapporte à Rome un butin faramineux : 180 tonnes d'or et 350 tonnes d'argent (on parle depuis de « l'or des Daces ») jusqu'à celle de Bismarck qui établit le système monétaire de l'Allemagne sur la rançon de 967 tonnes d’or (cinq milliards de francs-or, soit 1 600 tonnes) payée par la France après la défaite de 1871.

Durant l'Antiquité, les rois lydiens ont frappé la première monnaie classique de l'histoire, c'est-à-dire des pièces aplaties de forme ronde, à avers et revers de la numismatique traditionnelle, avec ici un motif type de la tête de lion[11] entre le VIIIe siècle VIIIe siècle av. J.-C. et le VIe siècle VIe siècle av. J.-C., les numismates débattant entre les dates variant de 700 à [12]. Il s'agissait de pièces en électrum, un alliage naturel d'or et d'argent, ces pièces contenant entre 50 et 60 % d'or : les pièces les plus lourdes, les statères (signifiant « balance » ou « étalon de valeur »), pesaient environ 10,90 g, les fractions de statères avaient des poids et des valeurs diverses, notamment les tiers de statère ou trités qui étaient parfois criblés d'estampilles[13]. L'or sortait du temple et du palais pour servir à l'usage des particuliers. Cet usage se répandit ensuite en Perse, en Grèce centrale, puis dans l'ensemble du monde antique durant la période hellénistique à côté des monnaies d'argent, de bronze et de cuivre de moindre valeur. L'or fut continûment utilisé comme monnaie en Occident jusqu'en 1973, date à laquelle il a été dépouillé de son dernier rôle monétaire, comme monnaie de réserve internationale[14].

L'utilisation religieuse de l'or persiste néanmoins pendant des siècles. L'auréole des saints a pour étymologie aureola, « dorée » en latin. Les Germains enterraient leurs chefs avec une pièce d'or dans la bouche à l'instar des Grecs. Les bijoux en or se retrouvaient principalement dans les hautes classes de la société sur les armes, les fibules, les boucles, les bagues et les sceaux. La vaisselle en or était à la fois un apparat et une réserve monétaire.

Les conquêtes sassanides puis arabes compliquèrent l'accès à l'or en Occident, le bimétallisme or/argent jusqu'alors dominé par la monnaie en or fut dépassé en masse par l'argent vers le VIIIe siècle[14]. La diffusion de l'or dans le monde occidental connut un renouveau d'abord en Méditerranée au e siècle, puis au e siècle à l'initiative de Venise qui fonda sa fortune sur l'arbitrage entre la forte demande d'argent de l'Orient et la forte demande d'or de l'Occident.

Les taxes de compensation dans les codes germaniques étaient appelées wergeld, le « prix de l'homme ». Les Vikings soumirent les États attaqués à un tribut appelé danegeld, « l'or des Danois ».

De la plus haute Antiquité, en passant par le Moyen Âge et la Renaissance, les alchimistes tentèrent en explorant la chrysopée de créer de l'or à partir d'autres matières comme le plomb ou du mercure. C'est la transmutation des métaux vils en or. Ils pensaient obtenir ce résultat en utilisant la mythique pierre philosophale. En alchimie, le symbole de l'or est un point entouré d'un cercle.

Apport du Nouveau Monde à l'économie bimétallique

La recherche d'or constitua l'une des raisons de la rapidité de la conquête du continent américain. Ainsi, Hernán Cortés entreprit la conquête de l'Empire aztèque, situé au Mexique notamment pour s’emparer de l’or que possédait l'empereur aztèque. Hernán Cortés envoya une grande quantité de ce précieux métal à Charles Quint, roi d'Espagne, dont une partie sous forme de bijoux, mais la plupart furent fondus pour financer les guerres menées par l’Espagne. Le roi d’Espagne prélevait le quinto real (c'est-à-dire un cinquième de l'or extrait). L'or affluant depuis les mines du Nouveau Monde provoqua la richesse de l'Espagne et du Portugal au début de la période moderne, avant de profiter aux autres États européens qui surent mieux le capter, tels la France et la Grande-Bretagne. À la même époque se diffuse la légende de l’Eldorado.

La découverte et l'exploitation des mines d'argent du Potosi a ruiné l'exploitation coûteuse et technique des mines d'argent européennes, en diminuant le déséquilibre né de l'excès d'or consécutif à la violente conquête américaine.

L'or devient le pilier des politiques monétaires, comme en 1640 sous Louis XIII quand le Louis d'or devient le symbole international des placements refuge, grâce à son inventeur Claude de Bullion (1569–1640), qui donne son nom au marché des métaux précieux de Londres.

Sur l'or a reposé le système de l'étalon-or avant son abrogation par les accords de Bretton Woods, en 1971.

Forty-niner pendant la ruée vers l'or en Californie.

Pour autant, l'or américain reste trop rare, comme le prouve sous Louis XVI l'emballement spéculatif des années 1780 pour les actions de la Banque de Saint-Charles de Madrid, qui profitent de la pénurie de monnaie métallique, au point d'embarrasser le ministre des finances Calonne, qui avait fait racheter par le Trésor royal des actions de cette banque, dont il a été lui-même actionnaire[15].

Ruées vers l'or

Article détaillé : Ruée vers l'or.

Les ruées vers l'or, en anglais gold rush ont marqué l'histoire planétaire de l'économie monétaire bien après le désenclavement du monde au début des Temps modernes. Mentionnons parmi les principales, le Brésil des Minas Gerais entre 1725, la Russie et ses marges de l'Oural en 1750 et de la Sibérie en 1840, l'Australie en 1840, la Californie en 1848, l'Alaska et le Klondike, ainsi que l'Afrique du Sud en 1885.

Au milieu du e siècle, une ruée vers l'or se déclare en Californie et contribua pour une part à la conquête de l'Ouest américain et à la croissance démographique et économique de nombreuses villes californiennes, dont San Francisco[16]. Les cités minières construites en des endroits trop reculés furent abandonnées dès que le filon à l'origine de leur richesse vint à se tarir. Ces cités sont aujourd'hui ce qu'on appelle des cités fantômes, vides de population, mais dont les murs tiennent parfois encore debout, préservés par l'aridité du climat local. Les États-Unis restaient le deuxième pays producteur d'or dans le monde en 2004[17].

Aujourd'hui

Barre d'or de 400 onces.

La première nucléosynthèse artificielle de l'or date de 1941. Elle consista à bombarder du mercure avec des neutrons. Mais les isotopes d'or obtenus étaient tous radioactifs[18]. Le coût de production étant bien plus élevé que le prix de l'or, cette méthode de production n'est pas viable commercialement — les atomes de mercure devant être modifiés un à un.

Lingot d'or et Krugerrands.

L'or a servi d'étalon monétaire exclusif (l'étalon-or), d'abord au Royaume-Uni puis dans le monde entier après l'abandon du bimétallisme or-argent dans les années 1870. La guerre de 1914 met fin à ce système qui ne put jamais être remis en place. Avec les accords de Bretton Woods, en 1944, c'est un étalon de change or (Gold Exchange Standard) qui est mis en place. Le dollar est défini en un certain poids d'or et les autres monnaies en dollar. En 1971, les États-Unis suspendirent la convertibilité du dollar en or[19] et en 1976, les accords de la Jamaïque entre les pays du FMI démonétisent l'or qui dès lors n'a plus de rôle monétaire officiel.

L'or est néanmoins resté à titre de précaution dans les réserves des principales banques centrales. La plus grande réserve mondiale d'or monétaire se trouve aux États-Unis, il s'agit de la réserve fédérale de New York (Federal Reserve Bank of New York), pourtant moins célèbre que celle de Fort Knox, dans le Kentucky. En 1995, les réserves d'or dans les banques du monde entier se montaient à environ 910 millions d'onces ce qui représente un cube d'environ 12 mètres d'arête.

L'or conserve un rôle économique non négligeable. Il est coté dans les principales bourses occidentales, New York, Londres, Tokyo. Les transactions qui s'opèrent sur cette valeur, notamment en temps de crise, sont considérées comme un baromètre économique important.

Lingots d'or de 1 000 g.

L'or conserve, en outre, ses fonctions artistiques dans les médailles, les bijoux ou la dorure. Ainsi de nombreux ateliers de dorure tels que les ateliers Leonis perpétuent la tradition d'une dorure à la feuille ou au mercure. Un seul gramme d'or peut former dans des mains expertes un fil fin de 3 000 m de longueur et couvrir une superficie de 1 m2 en étant aplati en une feuille d'épaisseur 1/15 μm. Cette propriété est possible grâce à l'obtention de lames dont l'épaisseur est inférieure à un dixième de micromètre. L'or s'est également développé dans un rôle technique dans de nombreuses productions, notamment les produits électroniques. Son pouvoir symbolique reste fort : les sports modernes utilisent l'or comme récompense suprême lors des différentes compétitions (médailles d'or aux Jeux olympiques, Ballons d'or en football, etc.). La thésaurisation en or résiste à la démonétisation, et représente une épargne de précaution. Le 25 avril 2011, l'or atteint un niveau de 1 509 USD l'once, un record dû à l'incertitude de l'économie mondiale, l'or servant de valeur refuge face aux crises boursières.

Le 6 septembre 2011, le cours de l’or a atteint un nouveau sommet historique de 1 921,17 USD l’once, et la tendance engendre, notamment en France, une apparition de nouvelles filières d'achat/vente qui troublent une profession d'ordinaire assez traditionnelle[20].

Isotopes

Article détaillé : Isotopes de l'or.

L'or possède 37 isotopes connus, de nombre de masse variant entre 169 et 205, et 34 isomères nucléaires. Parmi ces isotopes, un seul est stable et représente la totalité de l'or naturellement présent, 197Au, faisant de l'or un élément mononucléidique ainsi que monoisotopique. Depuis que le bismuth est considéré comme n'ayant plus aucun isotope stable (le bismuth 209 étant très légèrement radioactif), c'est même l'élément monoisotopique le plus lourd. La masse atomique standard de l'or est donc la masse atomique relative de 197Au, soit 196,966 569(5) u[21].

Paillettes d'or.

Origine stellaire et occurrence naturelle terrestre

L'or est issu de la nucléosynthèse stellaire réalisée par des générations successives d'étoiles depuis une douzaine de milliards d'années. En particulier, deux hypothèses expliqueraient la formation d'or par processus r au sein des étoiles : le premier lors de l'explosion d'une supernova, le second lors de collisions ou fusions de deux étoiles à neutrons. Une simulation numérique réalisée en 2011 s'appuyant sur cette dernière hypothèse indique qu'elle permettrait d'expliquer l'abondance mesurée des noyaux d'or[22]. Sa nature géochimique étant nettement sidérophile, comme le sont les métaux du groupe du platine, il se concentre dans le noyau de la Terre et demeure très rare dans l'écorce terrestre, où il s'accumule là où circulent des fluides chauds issus du manteau[23]. Cependant, certaines études montrent que la concentration en or dans la croûte terrestre est entre cent et mille fois trop élevée par rapport à ce qu'elle devrait être ; l'or présent dans la croûte terrestre proviendrait donc du grand bombardement tardif, qui eut lieu il y a 3,8 à 4 milliards d'années[24].

Le clarke s'élève à 5 mg/tonne.

Or natif apparaissant en cristaux lamellaires dans une matrice terreuse. Pièce de 2 kg de taille 29 x 22 x 2 cm exposée à la Galerie de Minéralogie et de Géologie de Paris, originaire de la mine de Jamestown, comté Tuolumne, Californie.

En minéralogie, ce métal lourd est le minéral or défini, de système cubique compacte (densité avoisinant 19,3), de faible dureté (2,5 à 3), remarquablement malléable et ductile, il est encore souvent nommé or natif. L'or se présente ainsi à l'état natif, exceptionnellement en cubes et octaèdres, mais communément sous forme d'imprégnations de poussière, de granules et paillettes, grains ou encore nettement moins fréquemment de pépites conséquentes ou en masses informes prises dans une gangue de quartz et de sulfures métalliques[e]. Ces masses diverses peuvent éventuellement avoir été réduites, en poudre ou en paillettes, par érosion mécanique. Sa couleur à reflet métallique brillant est jaune d'or à jaune rouge quand il est très pur, jaune plus pâle du fait de la présence non négligeable d'argent (or argentifère ou électrum)...

Les diverses occurrences typiques à l'état natif sont le filon aurifère et souvent argentifère, l'inclusion et la dispersion dans les roches ultrabasiques et en général dans des massifs de roches magmatiques plutoniques (granites, diorites, granodiorites), les différents dépôts alluvionnaires résultant de l'érosion fluviale des roches mères ci-dessus, sous forme de poudres, de sables aurifères, de grains plus ou moins gros jusqu'à des formes massives de centaines de kilogrammes, en passant par la rare pépite[f]. Les minerais d'or existent, mais ils sont plus rares, ainsi les tellurures comme la calavérite ou krinnerite AuTe2, la sylvanite (Au,Ag)Te2...

L'or est présent dans l'eau de mer, essentiellement sous forme de chlorures, à des teneurs de l'ordre de 10−8 g/cm3.

Gisements

Poussière d'or commune de placer californien, musée d'histoire naturel Draper, Cody, Wyoming.

Pour qu'une zone soit prospectée ou présente un intérêt d'exploitation, il faut que la teneur moyenne de la roche dépasse 1 g par tonne.

L'or est réparti inégalement à la surface de la Terre. Certaines roches ont des taux de concentration en or avoisinant un million de fois la teneur moyenne d'un milligramme par tonne[25]. Plusieurs mécanismes peuvent expliquer cette répartition. Ainsi, l'or orogénétique pourrait se déposer lors de variations de pression provoquées par des séismes, remplissant des failles en formant des filons[26],[27]. Les sulfures, les chlorures et surtout l'anion radicalaire 3 présents dans la croûte terrestre sont également capables de solubiliser l'or en formant des complexes, rendant possible sa mobilisation et sa concentration lorsque les complexes se décomposent (à la suite d'un refroidissement ou par réaction avec une autre roche)[25],[28],[29].

La quantité d'or extraite par l'humanité depuis les origines de cette activité est estimée, fin 2010, à 166 000 tonnes[30], qui pourrait, en guise de métaphore, être représenté par un cube d'environ vingt mètres d'arête, et tenir tout entier sous la Tour Eiffel. En 1993, le stock d'or de l'ensemble des banques n'était estimé qu'à un ordre de grandeur de 35 000 tonnes.

Les réserves minières estimées en 2010 s'établissaient à 51 000 t, l'Australie et l'Afrique du Sud s'en partageant 26 %[31]. Longtemps premier producteur mondial d'or derrière l'ensemble de l'Amérique du Nord, l'ancien monde soviétique et l'Australie, l'Afrique du Sud a été détrônée en 2007 par la Chine[32], qui conforte depuis lors sa première place par la découverte de filons importants[33], assurant 13,8 % de la production mondiale en 2010, devant l'Australie (10,2 %), les États-Unis (9,2 %), la Russie (7,6 %), l'Afrique du Sud (7,6 %) et le Pérou (6,8 %)[31].

Corps simple, chimie et corps composés

L'or pur est un métal noble, malléable et très ductile, le plus ductile des métaux connus, et à la fois dense et tendre. Ce cristal à réseau cubique à faces centrées est un métal jaune plus ou moins brillant, qui acquiert un grand éclat après polissage. Il est relativement chimiquement inerte, très stable car il ne s'oxyde ni à l'air ni dans l'eau dans les conditions normales de température et de pression : le fait qu'il préserve son éclat, perçu comme esthétique par toutes les cultures humaines, lui confère l'essentiel de sa valeur. Il peut néanmoins former de l'oxyde d'or sous haute pression ou en milieu réactif.

Propriétés physiques et chimiques du corps simple

Pesée de lingot d'or vers 1960.

La densité de l'or pur est 19,3. Sa résistivité est de 22 × 10−9 Ω m. L'or est un bon conducteur électrique et thermique. Mais sa conductivité (ou inverse de sa résistivité) électrique n'est environ que 70 pour cent de celle de l'argent.

Conductions thermique et électrique

Coulée de l'or en fusion dans une lingotière.

L'or est un excellent conducteur thermique et électrique, mais son coût (lié à sa rareté) limite ses utilisations. Il est le troisième métal le plus conducteur (après l'argent et le cuivre) mais son caractère inoxydable en condition ambiante fait qu'il est utilisé pour les contacts électroniques sous forme de plaquage très mince.

En raison de cette caractéristique, de son inaltérabilité et de sa grande ductilité, il est utilisé pour réaliser des connexions, notamment dans certains composants électroniques, tels que les microprocesseurs.

L'or est également utilisé allié avec du fer dans des thermocouples pour la mesure de températures inférieures à la température ambiante.

Couleurs et caractéristiques optiques

Couleur des alliages Ag–Au–Cu, en fonction de leur composition.

Alors que la plupart des autres métaux purs sont gris ou blanc argenté, l'or présente une couleur jaune métallique à reflets complexes, aspect qu'on définit en français comme doré. Cette couleur particulière provient de la densité d'électrons de valence faiblement liés qui forment un « plasma » dans le métal au sein duquel leurs fluctuations sont modélisées au moyen de quasi-particules appelées plasmons : la fréquence de ces fluctuations se situe dans l'ultraviolet pour la plupart des métaux, mais se trouve dans le spectre visible pour l'or en raison d'effets relativistes affectant les orbitales atomiques autour des atomes d'or[34],[35]. Un effet semblable est responsable des reflets dorés du césium.

Observée en transmission (et non plus en réflexion), une lame ou feuille d'or suffisamment fine pour être translucide présente une couleur bleu-vert par transparence[36], dans la mesure où les couleurs jaune, orange et rouge sont réfléchies par le métal.

Concrètement, l'or est facilement polissable, il réfléchit fortement les infrarouges.

Des alliages d'or de différentes couleurs sont obtenus en ajoutant des quantités variables d'argent et de cuivre, comme indiqué dans le diagramme ci-contre à gauche. Les alliages contenant du palladium, de platine ou du nickel sont également importants en joaillerie pour produire de l'or blanc ou or gris, bien que l'usage du nickel soit réglementé en France depuis le début du siècle en raison de son caractère allergénique. De façon moins répandue, l'addition de manganèse, d'aluminium, de fer, d'indium et d'autres éléments peut donner des couleurs plus rares destinées à des usages particuliers.

Bobine de fil d'or épais.
Cristaux d’or artificiels par dépôt chimique en phase vapeur CVD.

Propriétés mécaniques

Les atomes d'or sont empilés selon une structure dite « cubique à faces centrées » (CFC). Cette structure cristalline présente beaucoup de plans cristallographiques denses. Or, la déformation plastique se fait par glissement des dislocations dans les plans denses. De manière générale, tous les cristaux cubiques à faces centrées sont ductiles (cas du plomb, de l'aluminium…). La malléabilité de l'or est telle qu'avec une once (~31,10 g[g]) d'or fin, il est possible d'obtenir une feuille de 8 m2[37] (réduction à ~0,2 μm d'épaisseur).

L'or « pur » se déforme facilement à froid, par martelage ou par étirement (tréfilage, laminage), il se cisèle aisément. Il a de ce fait été utilisé très tôt pour fabriquer des bijoux et ornements, sous forme de fines feuilles d'or obtenue par laminage pour « plaquer » des objets, sous forme de fil d'or, simple fil textile de décoration ou fil ultrafin obtenu par tréfilage. Par exemple, à Paris, le dôme des Invalides est doré à la feuille. En revanche, n'ayant qu'une faible tenue mécanique, il n'a pas été utilisé pur pour faire des outils.

Un réseau cristallin d’atomes d’or chauffé à des températures dépassant un milliard de degrés ne fond pas mais au contraire devient plus résistant. Il voit son point de fusion augmenter temporairement. Ce paradoxe prédit théoriquement a été observé expérimentalement[38].

Propriétés chimiques

L'or étant un métal noble, son état d'oxydation le plus commun est donc (0). Cependant, il peut former plusieurs composés, son nombre d'oxydation pouvant varier de (-I) à (+V) ; Au(I) et Au(III) sont majoritaires. Toutefois, sa relative inertie chimique le protège des attaques du dioxygène : l'or métallique ne se ternit pas et ne forme pas d'oxyde, à quelque température que ce soit ; et il résiste également à l'action de nombreux produits chimiques, dont la plupart des acides ; seuls le cyanure et le mélange d'acides appelé eau régale peuvent le dissoudre facilement. On peut graver l'or avec une solution de triiodure de potassium.

Modèle structurel simplifié de la spirale observable par cristallographie X dans le trifluorure d'or AuF3.

En absence d'oxydants, l'or résiste bien aux bains d'alcalins fondus.

Sa détection chimique qualitative peut être effectuée par la pourpre de Cassius, un composé d'absorption rouge intense à base d'or colloïdal de couleur pourpre. Elle met en scène un sel ou composé aurique, contenant l'ion Au3+ et chlorure d'étain à base stœchiométrique d'ion stanneux Sn2+ et de 2 ions chlorures Cl-.

Cette réaction, qui illustre la propension de l'or à revenir à l'état d'oxydation zéro ou élémentaire ou Au0, peut s'écrire de manière spécifique :

2 Au3+ ions solvatés en milieu aqueux + 3 Sn2+aqueux + 18 H2O eau liquide, en excès → 2 Au précipité colloïdal d'or rouge intense + 3 SnO2 poudre blanche et colloïdale de dioxyde d'étain + 12 H3O+aqueux

La détection peut être quantitative en mettant en œuvre des méthodes de spectroscopie d'absorption.

Alliages

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Le cours de l’or évolue constamment selon plusieurs critères. Il est la référence pour l’échange du métal jaune sur la place des marchés boursiers internationaux : New York, Tokyo et Londres.

Cours de l'orAnnée 2000Année 2005Année 2009Année 2017
1 Oz (once)272,75 $513,00 $1 087,50 $1 262,00 $

Fiscalité

En France, les ventes d'or réalisées dans l'Union européenne par les contribuables français sont soumises à une taxe forfaitaire de 10 % (jusqu'à fin 2017) du prix de cession (article 150 VK du code général des impôts), ainsi qu'à 0,5 % de CRDS (article 1600-0 I du code général des impôts). Cette taxe, instituée en 1976, a causé la fermeture du marché français de l'or, au bénéfice de la place financière de Londres.

À la suite de la loi de finances rectificative pour 2005 du 30 décembre 2005, les plus-values peuvent désormais être imposées selon un régime proche du droit commun (sans abattement). Depuis le 1er janvier 2006, les particuliers peuvent opter pour le régime des plus-values : cela consiste à payer 34,5 % sur la plus-value réalisée, avec une décote de 10 % par an à partir de la troisième année de détention[98].

À la suite de la suppression de l'ISF, l'État français doit collecter de nouvelles recettes et a donc augmenté de 1 % la taxation de l'or depuis le . Elle s'établit donc à 11 % et elle sera soumise à une taxe sur le régime des plus-values réelles (36,2 %). Cette taxe devrait influencer à la baisse le comportement des acheteurs. Les Français ne résidant pas en France ne doivent pas payer cette taxe mais la taxe du pays de résidence ou plus précisément du pays de déclaration des impôts.

Le boom du rachat d'or et ses dérives

Conséquence de la crise bancaire et financière de 2008, le marché du rachat d'or a explosé en France. Alors que de nombreuses valeurs boursières se sont effondrées à partir de 2007, le cours de l'or lui est resté solide et n'a fait que grimper durant les années suivant la crise. L'or étant devenu une valeur refuge, de nombreuses entreprises spécialisées dans le rachat d'or sont apparues dans l'hexagone. Profitant du cours élevé du précieux métal, ces magasins proposent de racheter les bijoux et autres débris d'or aux particuliers.

Très rapidement, ces entreprises ont connu un succès important, face à la crise de nombreux Français ont vu dans cette pratique une occasion de revendre leurs bijoux en or en échange d'une somme importante d'argent. En plus des comptoirs de rachat d'or ayant pignon sur rue, le développement de cette activité sur internet a rendu ce secteur particulièrement dynamique. Depuis les pièces de collection en or, les débris de bijoux en or ou encore l'or dentaire, ces entreprises de rachat d'or acceptent ce métal précieux sous toutes ses formes.

Face à l'explosion de ce secteur, de nombreuses associations de consommateurs[100] ont tiré la sonnette d'alarme. Le développement de cette activité a attiré l'attention des pouvoirs publics et notamment de l'Assemblée nationale qui a commencé à légiférer pour mieux encadrer ce secteur. La multiplication des escroqueries[101] a entraîné une surveillance accrue de cette activité. De nouvelles règles sont alors apparues comme la possibilité pour le revendeur de se rétracter dans les 24 heures suivant la transaction. La question du paiement a aussi fait l'objet de modifications puisque la loi interdit aux boutiques de rachat d'or de payer en liquide lorsque le montant de la transaction est supérieur à 500 euros. D'autres règles ont été définies afin d'encadrer cette activité notamment par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes[102].

En plus de l'encadrement législatif[103], les associations de consommation mènent un travail de prévention auprès des particuliers. De nombreux sites donnent des conseils simples et utiles pour revendre son or[104]. Le but de ces campagnes de prévention est de prévenir les escroqueries[105] en informant les personnes désireuses de vendre leurs bijoux et autres biens en or. Si aujourd'hui le cours de l'or connaît une chute importante, cette activité reste très lucrative pour les entreprises spécialisées dans le rachat d'or.

Culture

L'or et la religion

Dans de nombreuses civilisations (pourtant sans connexion) l'or est le symbole du divin par excellence. Cela peut s'expliquer notamment par deux de ses propriétés :

  • sa quasi-inaltérabilité au temps, qui en fait un matériel d'immortalité, hors de l'en deçà ;
  • sa couleur jaune éclatante qui reflète la puissance du Soleil jaune (d'ailleurs son nom vient du latin aurum, signifiant aussi aurore).

Les Égyptiens de l'Antiquité, donnaient à l'or des propriétés divines en le définissant comme la chair des dieux. L'or était employé pour confectionner les masques funéraires qui avaient pour but de fixer à jamais le visage idéalisé du pharaon et de l'identifier aux étoiles. Le masque d'or du pharaon Toutânkhamon est fait de 11 kg d'or massif et on estime avoir retrouvé dans son tombeau (l'un des plus petits de la vallée des Rois) plus d'une tonne d'or pur. Le Bouddha d'or de Bangkok, qui mesure plus de 3 mètres de haut pour une masse de 5,5 t, représente la plus importante statue d'or massif au monde.

Dans le livre de l'Exode, le Veau d'or symbolise l'idolâtrie. Néanmoins, l'or est aussi utilisé pour de nombreux objets cultuels du Temple de Jérusalem : menorah, coupes, arche d'alliance, etc. Dans le Nouveau Testament, les mages venus d'Orient apportent de l'or à Jésus. Dans le livre de l'Apocalypse, le Christ apparaît à Jean entouré de sept chandeliers d'or et un ange verse de l’encens avec une pelle en or. L'or peut donc être considéré, pour les cultures juives et chrétiennes, comme un métal soulignant la dignité de la divinité.

Dans l'art religieux, les saints et les anges ont souvent leurs têtes entourées d'or sous la forme du nimbe. L'or symbolise aussi la lumière de Dieu, et donc sa présence, dans l'art de l'icône et dans beaucoup d'œuvres d'art chrétiennes occidentales où il occupe les fonds (mosaïques de Ravenne, de Palerme…).

En Inde, dans la religion hindouiste, la déesse Lakshmi est liée à l'or. Toutes les représentations de la déesse Lakshmi sont liées à l'or car de ses mains ruissellent des milliers de pièces d'or tombant dans des jars d'or. La déesse Lakshmi est pour les hindouistes, la déesse de la richesse, de l'économie et de l'or. Il y a même une fête pour elle, l'Akshnaya Trinitia est une fête du mois de mars où les hindouistes portent de l'or sur eux pour honorer la déesse Lakshmi.

Histoires d'or

Ancienne mine d'or de Skidoo, dans la vallée de la Mort en Californie.
« L'or des fous » ou pyrite.
  • Durant l'Antiquité, Midas, Crésus (ces deux rois de Lydie tiraient leur or en particulier de la rivière Pactole) ou encore le roi Salomon, étaient connus pour leur légendaire richesse et pour leur goût de l'or.
  • Le consul romain Crassus, connu pour sa soif d'or et pour son immense richesse, fut fait prisonnier par le général parthe Suréna. Ce dernier, pour exécuter son captif, aurait coulé de l'or dans la gorge du Romain.
  • Le « bon saint Éloi » de la chanson Le Bon Roi Dagobert était un orfèvre. Les orfèvres de l'époque mérovingienne, en raison d'une pénurie d'or en Occident, étaient connus pour récupérer les chutes d'or, quitte à « rogner » un peu plus les objets lors de leur fabrication (en les raclant). Avec la quantité habituellement nécessaire pour faire un trône, saint Éloi fabriqua deux trônes, prouvant par là même son honnêteté.
  • Au Moyen Âge, les alchimistes cherchaient le moyen de transmuter le plomb en or.
  • La recherche de l'Eldorado, le pays de l'or, fut l'une des motivations de la colonisation de l'Amérique latine.
  • Un livre de Blaise Cendrars, L'Or, raconte la ruée vers l'or aux États-Unis, mais surtout la malheureuse histoire de John Sutter, à qui appartenait légalement l'or extrait, et dont les droits ne furent jamais reconnus par la justice. Cette histoire est aussi racontée par Stefan Zweig dans la nouvelle intitulée La découverte de l'Eldorado, issue du livre Les Très Riches Heures de l'humanité (1939).
  • Un livre, Le Trésor de la Sierra Madre de B. Traven, raconte comment trois Américains succombent à la fièvre de l'or au retour de leur expédition dans la jungle mexicaine. Ce livre a été adapté au cinéma par John Huston en 1948.
  • L'Or du Rhin, premier des quatre opéras constituant le prélude de L'Anneau du Nibelung de Richard Wagner, relate comment Alberich s'empare de l'or du Rhin, forge l'anneau dont la malédiction traversera toute la tétralogie.
  • Lors des tout premiers tests de la base de données documentaire de la Bourse de Paris, aucune information relative à l'or ne pouvait être retrouvée, jusqu'à ce qu'un ingénieur eût l'idée de consulter la liste de mots vides (« à ne pas indexer ») fournie en standard avec le logiciel, et d'en retirer une certaine conjonction de coordination.
  • La pyrite (FeS2) et plus rarement la chalcopyrite (CuFeS2) sont aussi appelées « or des fous » à cause de leur couleur jaune ressemblant à celle de l'or. Cette caractéristique a égaré des prospecteurs peu compétents croyant avoir découvert des pépites d'or[106].

Filmographie

Parmi les nombreux films en rapport avec l'or :

Jeu

Périphrases

La richesse que représente la possession d'or a conduit à la création de périphrases :

  • L'or noir pour le pétrole ;
  • L'or blanc pour la neige et autrefois le sel[i] ;
  • L'or bleu pour l'eau ;
  • L'or vert pour la forêt...

Notes et références

Notes

  1. La thésaurisation de l'or en statue et sa libération en temps opportuns en monnaie date de -650 avant J.-C. dans le monde hellénique ou grec ancien. Toutefois l'or de Nubie remonte à dans le monde égyptien. Les premiers bijoux d'or attestés par l'archéologie remontent à plus de 6000 ans sur l'ensemble du globe, en Égypte : on en trouve facilement 5000 ans avant J.-C.
  2. Il faut excepter les petites parures, type enroulements, perles, annelets, textiles.
  3. L'or apparaît en coupes, coupelles, fibules, torques, bracelets, bandeaux, rubans épais ou fins, bagues, boucles d'oreilles, annelets, fils et tête d'épingle fine, voire en plaquage sur textiles ou sur divers métaux, en incrustations de plaques de ceintures, d'œnochoés étrusques... Il permet parfois un décor sophistiqué au repoussé ou estampé.
  4. Au cours de l'Antiquité, les divers bronzes sont considérés comme des métaux.
  5. Notez qu'une pépite désigne, pour le géologue de terrain, une masse de quelques grammes, décigrammes, voire exceptionnellement d'un quintal. Les pépites se trouvent soit en place primaire dans les filons, soit concentrées dans certaines zones alluvionnaires après érosion, soit insérées dans les roches sédimentaires détritiques, comme les conglomérats aurifères du Précambrien sud-africain.
  6. La plus grosse "pépite" australienne est une masse connue de 236 kg.
  7. L'once troy (~31,10 g) n'est utilisée que pour exprimer la masse des métaux précieux ; l'once commune (~28,35 g) est une unité de masse utilisée pour d'autres usages.
  8. Qui ne doit pas être confondu avec l'élixir d'or de Thomas Norton.
  9. Et parfois, le coton, la canne à sucre, la porcelaine, l'ivoire...

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Voir aussi

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Bibliographie

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  • Paul Pascal, Nouveau traité de chimie minérale, 3. groupe Ib, généralités, cuivre, argent, or (avec tome 20 Alliages métalliques), Paris, Masson, (réimpr. 1966), 32 volumes
    (notice BnF BnF FRBNF37229023)

Articles connexes

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