Monetaria moneta

Cauri

Le cauri ou porcelaine-monnaie (Monetaria moneta ou Cypraea moneta) est une variété de coquillages de la famille des Cypraeidae (les « porcelaines »). Utilisés historiquement comme monnaie, ils continuent aujourd'hui à être utilisés comme bijoux ou objets de décoration.

Terminologie

Le substantif masculin[1],[2] cauri aurait été emprunté[1] au tamoul[1],[2] kauri[1],[2].

Leur nom viendrait du mot sanskrit kaparda ou kapardika, transformé ensuite par les Anglais en cauri ou cowri.

Description

C'est une toute petite porcelaine (3 cm au maximum), irrégulière et aplatie, au bord large, très calleux et grossièrement subhexagonal. La coloration d'ensemble est pâle (de blanc à beige sale), mais le dorsum semble coloré en transparence, gris verdâtre à marges jaunâtres, avec parfois des bandes transversales plus foncées. L'ouverture est large et blanche, avec des denticules prononcées. Le manteau de l'animal est blanc zébré[3].

Habitat et répartition

L'espèce a été découverte aux îles Maldives (où elle est très abondante) et aux îles Soulou (entre les Philippines et Bornéo) mais elle est présente dans une grande partie de l'Indo-Pacifique occidental, de la surface à 20 m de profondeur[3].

Utilisation monétaire

Emblème de la Banque des Maldives, le cauri figure ici sur les billets de 50 et 100 Rufiyaas.

Ce coquillage a été utilisé au cours des âges comme instrument de circulation pré-monétaire. On retrouve des traces de son utilisation en Chine dès la dynastie Shang (1600-1046 av. J.-C.). Pendant la dynastie Zhou (800-300 av. J.-C.), des cauris en jade ou en noyaux d'arbres fruitier sont utilisés comme monnaie.

Répandus par les marins arabes et européens dès le e siècle, ces coquillages étaient utilisés comme monnaie dans une grande partie de l'Afrique et de l'Océan Indien : le principal fournisseur en était les Maldives, qui conservent encore ce coquillage comme symbole de leur monnaie sur tous les billets de banque.

Dans le cadre des traites négrières, au e siècle[4], « 74 tonnes [de cauris] étaientannuellement introduites par les Hollandais, et 50 par les Anglais, tandis que Français, Danois et Hambourgeois transportaient une dizaine de milliards de coquilles »[5].

Au début du e siècle, certains états africains (Bénin, Burkina Faso) utilisent encore les cauris en complément du franc CFA. Un sac de coquillages vaut 2 000 francs CFA, environ 3 euros[6]. En 1960, Le cauri est choisi comme emblème de la banque malienne de développement[7].

Références taxinomiques

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Bibliographie

  • Arianna Fulvo et Roberto Nistri (2005). 350 coquillages du monde entier. Delachaux et Niestlé (Paris) : 256 p. (ISBN 2-603-01374-2)

Liens externes

Notes et références

  1. a, b, c et d Définitions lexicographiques et étymologiques de « cauri » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales [consulté le 5 juin 2016].
  2. a, b et c Entrée « cauri » [html], sur Dictionnaires de français, Larousse (consulté le 5 juin 2016).
  3. a et b Philippe Bourjon, « Cauri », sur SousLesMers (consulté le 23 février 2014).
  4. Gildas Salaün, « Les cauris, monnaies de la traite négrière au XVIIIe siècle », Monnaie magazine,‎ septembre & octobre 2017, p. 38-41 (1626-6145)
  5. Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières, essai d'histoire globale, Gallimard, Folio histoire, 2004, p. 496.
  6. Selon Régis Antoine, spécialiste des monnaies traditionnelles.
  7. Monnaies du monde : 10 000 ans d'aventures, p. 162, GEO № 277, Mars 2002.