Lino Ventura

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Lino Ventura
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Lino Ventura en 1961.
Nom de naissanceAngiolino Giuseppe Pasquale Ventura
Naissance
Parme (Italie)
NationalitéDrapeau d'Italie Italien
Décès (à 68 ans)
Saint-Cloud (France)
ProfessionActeur
Films notablesLe Gorille vous salue bien
Les Tontons flingueurs
L'Armée des ombres
L'Emmerdeur
Garde à vue

Lino Ventura est un acteur italien, né le à Parme (Italie) et mort le à Saint-Cloud (France). Il a réalisé une part importante de sa carrière cinématographique en France.

Fils d'immigrés italiens, Lino Ventura fut d'abord lutteur professionnel (champion d'Europe poids moyens en 1950), puis catcheur avant de devenir par hasard acteur aux côtés de Jean Gabin dans Touchez pas au grisbi qui rencontre le succès à sa sortie en salle en 1954. D'abord habitué à des seconds rôles d'hommes de main ou de brutes, il devient une vedette dès la fin des années 1950 grâce à des films comme Le Gorille vous salue bien et Le fauve est lâché. Alternant les comédies à succès, parfois dialoguées par Michel Audiard, telles Les Tontons flingueurs, Les Barbouzes, Ne nous fâchons pas, L'aventure c'est l'aventure ou La Gifle, et des drames et polars comme Les Grandes Gueules, Le Deuxième Souffle, Le Clan des Siciliens, L'Armée des ombres ou Garde à vue, il est pendant deux décennies l'un des acteurs les plus populaires du cinéma français[1], et rentable au box-office avec 130 millions d’entrées.

Père de quatre enfants dont une fille handicapée, il fut le fondateur avec sa femme Odette en 1966 de l'association Perce-Neige[2], destinée à venir en aide aux personnes handicapées mentales.

Biographie

Jeunesse

Angiolino Giuseppe Pasquale Ventura[3] est le fils de Giovanni Ventura et Luisa Borrini[4]. En 1927, il est âgé de huit ans lorsqu'il quitte l'Italie avec sa mère pour rejoindre son père parti travailler comme représentant de commerce à Paris quelques années auparavant. Mais arrivés à Montreuil le 7 juin 1927, la mère et le fils ne trouveront pas Giovanni. Le père a disparu. Il évoquera rarement ce père absent. Lino et sa mère s'installent chez des amis au 57 rue de Romainville à Montreuil, au cœur de la communauté italienne dont l'intégration ne s’effectue pas sans problèmes. Puis ils s'installent rue Papillon dans le 9e arrondissement de Paris où Luisa a décroché un emploi de femme de chambre à l’hôtel Baudin.

Pour aider sa mère à les faire vivre, il quitte l'école et commence à travailler dès l'âge de neuf ans. Il exerce successivement différents métiers : portier, livreur mécanicien, représentant de commerce et employé de bureau[5].

Comme il a gardé sa nationalité d'origine, il est enrôlé dans l'armée italienne au début de la Seconde Guerre mondiale. Il déserte au moment de l'effondrement du régime fasciste (juillet 1943) pour rejoindre son épouse à Paris et doit se cacher afin de ne pas être arrêté par les Allemands [6]. Lino Ventura parlait français sans aucun accent, ayant passé l'essentiel de sa vie en France, et s'exprimait en italien avec une pointe d'accent de Parme. Quoi qu'il en soit, il fait partie intégrante du patrimoine cinématographique français. Il est plébiscité en 2005 à la 23e place du classement des 100 plus grands Français de tous les temps.

Lutteur et catcheur

Ses copains du square Montholon lui font découvrir le sport. À l'âge de 16 ans, Fred Oberlander (en), un champion autrichien de lutte gréco-romaine résidant dans l’hôtel Baudin, le convainc de venir s'entraîner régulièrement à la lutte dans la salle des Gobelins puis dans celle de la porte d’Italie. Apprenant l'humilité et la fraternité, il se forge selon ses termes « une mentalité de gagnant »[7]. C'est à cette époque, alors qu'il est coursier à la CIT (Compagnie italienne de tourisme, couverture des services de renseignement de l'Italie fasciste), qu'il rencontre Odette Lecomte dans cette agence de voyages [8].

Il est enrôlé dans l'armée italienne pendant la Seconde Guerre mondiale. Au cours d'une permission en , il déserte pour rejoindre à Paris sa femme Odette qu'il a épousée le [4], puis, menacé de délation, il se réfugie dans une maison servant de grange à Baracé (il y reviendra après la guerre et achètera cette maison)[9].

Après la guerre, il entame une carrière de catcheur, plus rémunératrice que la lutte[6], et participe à des combats à la salle Wagram et au Cirque d'Hiver où il lutte sous le nom de Lino[10] Borrini, alias « la fusée italienne ». Sa carrière de catcheur atteint son apogée en lorsqu'il devient champion d'Europe des poids moyens pour l'Italie. Elle prend fin le après qu'Henri Cogan le blesse en le projetant dans des chaises métalliques, lui occasionnant une double fracture ouverte à la jambe droite. Il devient alors organisateur de combats pour une vingtaine de catcheurs de son écurie[7].

Carrière cinématographique

En 1953, tout à fait par hasard, un de ses amis parle de lui au réalisateur Jacques Becker qui cherchait une force de la nature, de type italien, pour jouer face à Jean Gabin dans son film Touchez pas au grisbi. La rencontre se fait et Jacques Becker lui propose aussitôt le rôle d'Angelo, un chef de gang opposé aux personnages incarnés par Jean Gabin et René Dary, Lino refuse le rôle dans un premier temps. Alors qu'il ne joue qu'un second rôle, il demande par pure provocation un cachet d'un million d'anciens francs (cachet presque équivalent à celui de la vedette du film Jean Gabin), proposition qui est acceptée à sa grande surprise[11]. À la sortie de Touchez pas au grisbi, sa présence à l'écran est telle que toute la profession le remarque. Incertain, les cinq premières années de sa carrière de comédien, Ventura conserve jusqu'en 1958 ses "vrais" métiers (organisateur de combats de catch et gérant d'une entreprise de layettes)[6].

Immédiatement adopté par le milieu du cinéma, par Jean Gabin qui devient son grand ami, et par le public, sa carrure, sa « gueule » et son exceptionnel naturel de comédien font de lui l'interprète idéal du film noir, de truand et de policier dur à cuire au grand cœur.

Sans avoir pris de cours de comédie, il passe rapidement du statut d'acteur de second rôle à celui de tête d'affiche, son jeu d'acteur s'affinant. C'est le rôle du Gorille (dans Le Gorille vous salue bien de Bernard Borderie) en 1958 qui le lance comme vedette à part entière, suivi de Classe tous risques avec Claude Sautet, en 1960, qui lui fait partager la vedette avec Jean-Paul Belmondo, film qui marque sa rencontre avec un auteur de la Série noire, José Giovanni[12]. Il devient l'un des poids lourds du cinéma hexagonal et restera à tout jamais reconnu comme l'un des meilleurs acteurs du cinéma français. Il excelle dans les rôles traditionnels de truand ou de policier vieilli, fatigué, ou de l'homme d'expérience sensible à l'amitié virile. Son jeu d'acteur, d'ailleurs assez proche de sa propre nature, s'exprime pleinement sous la direction de Jacques Deray, de Jean-Pierre Melville ou de Robert Enrico où Lino joue dans Les Grandes Gueules et Les Aventuriers[12].

Acteur fétiche de Georges Lautner, il est l'inoubliable Fernand Naudin des Tontons Flingueurs (1963) et Francis Lagneau des Barbouzes (1964), deux classiques du cinéma français.

Lino Ventura (à gauche) et Max Von Sydow dans Cadavres exquis (1976).

En 1972, son rôle du mafieux (Vito Genovese) dans Cosa Nostra de Terence Young, avec Charles Bronson dans le rôle du repenti Joe Valachi, lui vaut une reconnaissance internationale.

À partir des années 1980, Lino Ventura tourne moins, comme si son personnage du film de Jacques Deray, Un papillon sur l'épaule, tourné en 1978, où il joue Roland Fériaud, cet homme de tous les jours manipulé par des forces obscures, avait changé sa carrière. Il a évoqué ce type de personnage, une victime manipulée, lors d'un entretien, pour décrire son rôle d'espion à la retraite dans Espion, lève-toi, tourné en 1981: « C'est un type qui, à un moment donné, se retrouve seul, abandonné par ses amis, et par ses ennemis si je puis dire, parce que dans un sens, tout le monde s'arrange sur son dos (...), ce sont des situations que j'affectionne particulièrement ». Comme aussi le personnage du général dalla Chiesa dans Cent jours à Palerme qui tombe sous les balles de la mafia à laquelle il avait osé s'attaquer.

Sur la fin de sa carrière, Lino ne choisit ses rôles qu'en fonction du critère : « J'aime ou j'aime pas ! ». Ses derniers beaux rôles, seront pour Garde à vue de Claude Miller en 1981, où il interprète l'inspecteur Gallien qui interroge un notable (Michel Serrault) présumé coupable d'assassinat, et pour Les Misérables de Robert Hossein, sorti en 1982, où il incarne un Jean Valjean à la hauteur de ses prédécesseurs, Harry Baur et Jean Gabin.

Rôles refusés

Au sujet du choix de ses rôles, il déclare : « Quand on me parle d'un personnage à interpréter, je sais d'une façon immédiate si je peux le faire, si ça me convient ou si ça ne va pas ». Ainsi il refuse un rôle dans[6] :

Tombe de Lino Ventura.

Mort

Il meurt le à son domicile de Saint-Cloud, d'une crise cardiaque à l'âge de 68 ans, après trente-quatre ans de carrière cinématographique et soixante-quinze films. Il repose au cimetière du Val-Saint-Germain dans l'Essonne.

Vie privée

Le 8 janvier 1942, il épouse Odette Lecomte (morte le à Baracé[14]), son amour de jeunesse, rencontrée en 1935 dans l'agence de voyages où il travaillait alors. Ils auront quatre enfants : Mylène (1946-1998, morte dans un accident d'avion[15]), épouse de Claude Lasserre, fils de René Lasserre (1912-2006) ; Laurent en 1950 ; Linda en 1958 ; et Clelia en 1961 (auteur et scénariste)[4].

Linda, victime d'un accident vasculaire grave à sa naissance, est restée handicapée. Découvrant le manque de structures d'aide et d’accueil pour les enfants handicapés, Lino et Odette créent en 1966, à la suite de l'appel du 6 décembre 1965[16], l'association humanitaire Perce-Neige, devenue une fondation en mai 2016 à Saint-Cloud, où ils vivaient, dédiée à « l'aide à l'enfance inadaptée » en apportant son soutien aux associations existantes travaillant dans le domaine du handicap, et en sensibilisant les pouvoirs publics aux besoins des enfants handicapés et de leurs familles. Leur maison d'époque napoléonienne de Saint-Cloud est rachetée par Jean Dujardin et Nathalie Péchalat en 2016[6].

L’année 1975 marque la première victoire de l’association avec la publication de la Loi d'orientation en faveur des personnes handicapées[17] et de la Loi no 75-535 du 30 juin 1975 relative aux institutions sociales et médico-sociales[18].

En 1976, l'association Perce-Neige est reconnue d'utilité publique, et six ans plus tard, la première Maison Perce-Neige ouvre ses portes à Sèvres (Hauts-de-Seine). Malgré la disparition de Lino Ventura, Perce-Neige poursuit sa mission et a participé à la création de près de 40 établissements en France.

Sa fille Clelia a écrit plusieurs ouvrages sur son père. Lino Ventura ne retrouvera jamais son père, disparu en 1927.

Filmographie

Cinéma

Télévision

Box-office

La liste indique seulement les films où Lino Ventura tient un rôle notable.

Hommages

  • Le 19 février 1977, Lino Ventura préside la 2e cérémonie des César, à la suite de son ami Jean Gabin, décédé trois mois auparavant.
  • Le 12 mars 1988, quatre mois après sa mort, Lino Ventura reçoit un hommage à la 13e cérémonie des César.
  • En 1999, le nom de Lino Ventura est donné à une place située dans le 9e arrondissement de Paris, lors d'une cérémonie en présence de son épouse.
  • Un buste en glaise de Lino Ventura fut réalisé par le sculpteur Daniel Druet[72].
  • En 2003, la ville de Parme, sa ville natale, lui rend hommage en donnant son nom au centre du cinéma de la commune : Centro cinema Lino Ventura.
  • Dans la ville d'Ozoir-la-ferrière, en Seine-et-Marne, un lycée porte son nom Lino Ventura

Distinction

Œuvre humanitaire

Notes et références

  1. Les Rois du Box-Office (1956-1990) Studio magazine novembre 1992 p. 98, 99.
  2. Historique de l'association sur le site officiel.
  3. Pascal Ory, Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France, Robert Laffont, , p. 1107.
  4. a, b et c Jacques Lafitte, Stephen Taylor, Qui est qui en France, J. Lafitte, , p. 1535.
  5. Philippe Durant, Lino Ventura, Éditions First, p. 8.
  6. a, b, c, d et e Olivier Rajchman, « Lino Ventura : 10 choses à savoir sur l'un des acteurs préférés des Français », sur telestar.fr, .
  7. a et b Studio Ciné Live, « Lino Ventura, 25 ans déjà », sur L'Express, (consulté le 25 août 2014).
  8. Sandro Cassati, op. cit., p. 12.
  9. Sandro Cassati, op. cit., p. 11.
  10. Raccourcissement de son prénom Angiolino.
  11. Signé : Lino Ventura, op. cité, p.23.
  12. a, b et c blog.
  13. leparisien.
  14. « Mort d'Odette Ventura, veuve de Lino Ventura et co-fondatrice de Perce Neige », sur Le Parisien, (consulté le 16 mai 2013).
  15. « La fille de Lino Ventura tuée dans un accident », sur Le Parisien, (consulté le 23 octobre 2016).
  16. « Lino Ventura : l'appel du 6 décembre 1965 », sur Perce Neige.
  17. Loi Loi no 75-534 du 30 juin 1975 d'orientation en faveur des personnes handicapées fiche sur legifrance.gouv.fr.
  18. Loi Loi no 75-535 du 30 juin 1975 relative aux institutions sociales et médico-sociales fiche sur legifrance.gouv.fr.
  19. « Touchez pas au grisbi », sur Jp's Box-office, .
  20. « Razzia sur la Chnouf », sur Box-office Story, .
  21. « Le Rouge est mis », sur Box-office Story, .
  22. « Ascenseur pour l'échafaud », sur Box-office Story, .
  23. « Trois jours à vivre », sur Box-office Story, .
  24. « Le Gorille vous salue bien », sur Box-office Story, .
  25. boxofficestars.
  26. « 12 heures d'horloge », sur Box-office story, .
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  62. jpbox-office.
  63. boxofficestars.
  64. boxofficestars.
  65. boxofficestars.
  66. (fr) « Garde à vue », sur Jp's Box-office, .
  67. « Espion lève-toi », sur Jp's Box-office, .
  68. jpbox-office.
  69. jpbox-office.
  70. jpbox-office.
  71. « La Septième cible », sur Jp's Box-office, .
  72. Bustes sculptés par Daniel Druet.

Annexes

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Articles connexes

Bibliographie

  • 1979 : Lino Ventura, Gilles Colpart - Éditions PAC - Monographie
  • 1980 : Lino Ventura, Didier Vallée - Éditions Solar
  • 1987 : Lino Ventura, Philippe Durant - Éditions Favre - Monographie
  • 1992 : Lino, Odette Ventura - Éditions Robert Laffont - Biographie
  • 2003 : Lino, tout simplement, Clelia Ventura (sa fille) - Éditions Robert Laffont - Souvenirs d'enfance et recettes de famille
  • 2004 : Lino Ventura - Une leçon de vie, Clelia Ventura (sa fille) - Éditions Marque pages - Biographie
  • 2007 : Signé : Lino Ventura, Clelia Ventura (sa fille) - Éditions Marque pages - Beau livre avec 20 objets facsimilés
  • 2008 : Dictionnaire des comédiens français disparus, Yvan Foucart - Mormoiron : Éditions cinéma, 2008, 1185 p. (ISBN 978-2-9531-1390-7)
  • 2010 : Les légendes du cinéma français, Lino Ventura, Bernard Boyé - Éditions Autres Temps - Album photos retraçant sa carrière cinématographique
  • 2012 :
    • Lino Ventura, Carnet de Voyages, Clelia Ventura (sa fille) - Éditions Barnea Productions
    • Lino Ventura, Sandro Cassati - City Edition

Documentaires

Liens externes