Gaston Defferre

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Gaston Defferre
Illustration.
Gaston Defferre, en 1964.
Fonctions
Député des Bouches-du-Rhône

(1 mois et 5 jours)
Élection16 mars 1986
LégislatureVIIIe
SuccesseurJean-Jacques Léonetti
Ministre d'État, ministre du Plan et de
l'Aménagement du territoire

(1 an, 8 mois et 3 jours)
PrésidentFrançois Mitterrand
GouvernementFabius
PrédécesseurAucun
SuccesseurHervé de Charette (Plan)
Pierre Méhaignerie (Territoire)
Ministre d'État, ministre de l'Intérieur et
de la Décentralisation

(3 ans, 1 mois et 25 jours)
PrésidentFrançois Mitterrand
GouvernementMauroy I, II et III
PrédécesseurChristian Bonnet
SuccesseurPierre Joxe
Président du groupe socialiste
à l'Assemblée nationale

(18 ans, 5 mois et 15 jours)
LégislatureIIe, IIIe, IVe, Ve et VIe
PrédécesseurFrancis Leenhardt
SuccesseurPierre Joxe
Député des Bouches-du-Rhône
Élu dans la 3e circonscription

(18 ans, 7 mois et 18 jours)
Élection25 novembre 1962
Réélection12 mars 1967
30 juin 1968
11 mars 1973
19 mars 1978
21 juin 1981
LégislatureIIe, IIIe, IVe, Ve, VIe et VIIe
PrédécesseurCharles Colonna d'Anfriani
SuccesseurPhilippe Sanmarco
Sénateur des Bouches-du-Rhône

(3 ans, 7 mois et 17 jours)
Élection26 avril 1959
SuccesseurRoger Delagnes
Ministre de la France d'outre-mer

(1 an, 3 mois et 20 jours)
Président du ConseilGuy Mollet
GouvernementMollet
PrédécesseurPierre-Henri Teitgen
SuccesseurGérard Jaquet
Maire de Marseille

(32 ans, 11 mois et 28 jours)
Élection3 mai 1953
Réélection15 mars 1959
21 mars 1965
21 mars 1971
20 mars 1977
13 mars 1983
PrédécesseurMichel Carlini
SuccesseurJean-Victor Cordonnier
(intérim)
Robert Vigouroux

(1 an, 2 mois et 28 jours)
PrédécesseurPierre Barraud
SuccesseurJean Cristofol
Ministre de la Marine marchande

(1 an et 30 jours)
Président du ConseilHenri Queuille
René Pleven
GouvernementQueuille III
Pleven I
PrédécesseurLionel de Tinguy du Pouët
SuccesseurAndré Morice
Député des Bouches-du-Rhône

(13 ans, 1 mois et 2 jours)
Élection21 octobre 1945
Réélection2 juin 1946
10 novembre 1946
17 juin 1951
2 janvier 1956
Législature1re et 1re et 2e Constituante
Ire, IIe et IIIe
Biographie
Nom de naissanceGaston Paul Charles Defferre
Date de naissance
Lieu de naissanceMarsillargues, Hérault (France)
Date de décès (à 75 ans)
Lieu de décèsMarseille, Bouches-du-Rhône (France)
Parti politiqueSFIO (1933-1969)
PS (1969-1986)
ConjointEdmonde Charles-Roux
ProfessionAvocat

Gaston Defferre
Maires de Marseille
Ministres de l'Intérieur de la France

Gaston Defferre, né le à Marsillargues (Hérault) et mort le à Marseille, est un homme politique et résistant français. Membre de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) puis du Parti socialiste, il est maire de Marseille d'août 1944 à novembre 1945, puis de mai 1953 à sa mort.

Parlementaire et ministre à plusieurs reprises sous les IVe et Ve Républiques, dont « numéro deux du gouvernement » à deux reprises, candidat à l'élection présidentielle de 1969, il donne son nom à deux lois importantes : la loi-cadre de 1956 ouvrant la décolonisation en Afrique et celle de 1982 sur la décentralisation.

Origine et formation

Gaston Paul Charles Defferre naît le à Marsillargues (Hérault) dans une famille protestante cévenole, au mas de Bony, demeure construite par son grand-père Pierre Causse. Il est le second enfant de Paul Defferre (1882-1961), avoué à Nîmes, et de Suzanne Causse (1882-1971), qui ont eu trois autres enfants : Marie-Louise[N 1], née en 1908, Monique, née en 1912, et Jacques en 1914[1].

Sa mère se charge de son éducation avant qu'il n'aille poursuivre ses études secondaires au lycée Alphonse-Daudet de Nîmes.

Gaston Defferre découvre l'Afrique lorsqu'il se rend avec sa famille à Dakar, où son père a ouvert un bureau. En 1922, avec sa mère, il rentre en métropole. Après des études de droit à la faculté d'Aix-en-Provence, il s'inscrit comme avocat au barreau de Marseille en 1931. En 1933, il devient militant socialiste et adhère à la 10e section de la SFIO de la ville. Cette période est politiquement très agitée. Simon Sabiani, premier adjoint du maire Georges Ribot (1931-1935), incarne le basculement d'une partie de la gauche vers la droite extrême et, en raison de ses relations avec François Spirito et Paul Carbone, la confusion entre la politique et les affaires de droit commun. Les affrontements politiques culminent aux élections cantonales de 1934 avec la montée du parti communiste, emmené par Jean Cristofol et François Billoux, puis aux municipales de 1935, remportées par le candidat socialiste Henri Tasso, qui devient maire.

Pendant cette époque troublée, Gaston Defferre n'apparaît pas publiquement. Le 13 septembre 1935, il épouse Andrée Aboulker (1912-1993), médecin, issue d'une famille juive d'Alger, cousine (et future épouse) de José Aboulker, chirurgien qui s'illustre dans la libération de l'Algérie en 1942. Ils divorcent le 23 mars 1945.

Le résistant

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Il s'est principalement illustré par son long mandat de maire de Marseille, de 1944 à 1946 et de 1953 jusqu'à sa mort, en 1986, ponctué d'affaires douteuses mêlant politique et mafia. De l'après-guerre aux années 1970, l'emprise de la mafia sur la ville s'est accentuée, culminant avec l'affaire dite de la « French Connection », au moment où la ville devient la place principale d'approvisionnement en drogue de l'Europe.

Parmi les immeubles construits durant les années 1960 et 1970, le quartier de La Rouvière (9e arrondissement) est une des copropriétés les plus peuplées de France (architecte : Xavier Arsène-Henry).

En 1983, il est élu avec moins de voix que son adversaire Jean-Claude Gaudin. En tant que ministre de l'Intérieur, il venait de modifier le mode de scrutin dans les villes de Paris, Lyon et Marseille : l'élection se fait dans chaque arrondissement pour les deux premières villes, alors que Marseille bénéficiait d'un découpage en secteurs adapté au maire sortant. Ce découpage a été modifié après sa mort.

Pendant son mandat, Marseille voit sa population augmenter de façon considérable (rapatriés d'Algérie, etc.). La ville se développe dans l'urgence pour répondre aux besoins de la population. De nombreuses tours sont érigées, dans un contexte privilégiant le béton. Les efforts de la municipalité font passer en priorité le développement de nouveaux quartiers urbains, au détriment du centre-ville.

Deux lignes de métro sont construites, la terre extraite du sol servant à créer des plages artificielles, dénommées officiellement « plages Gaston Defferre », ce qui n'empêche pas les Marseillais de les appeler les « plages du Prado ».

Gaston Defferre était aussi propriétaire des quotidiens marseillais Le Provençal (socialiste) et Le Méridional (de droite).

En 1973, il épouse en troisièmes noces la femme de lettres Edmonde Charles-Roux, issue d'une vieille et fortunée famille d'industriels et armateurs marseillais.

Mort et obsèques

La tombe de Gaston Defferre au cimetière Saint-Pierre.

Dans la nuit du 5 au , après sa mise en minorité par les partisans de Michel Pezet lors de la désignation du secrétaire général de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône[19], Gaston Defferre, rentré seul dans son appartement de Marseille, prend un soporifique qui aurait été à l'origine d'un malaise entraînant une chute lors de laquelle il se blesse gravement au cou. Victime d'une hémorragie, il téléphone à son médecin et ami, le docteur Jean-Louis Sanmarco, qui, impuissant, demande l'intervention des médecins urgentistes du bataillon de marins pompiers de Marseille, mais il est trop tard : conduit à l'hôpital de la Timone dans un coma irréversible, il décède le lendemain matin. Aussitôt, l'hommage est unanime du côté de la classe politique[20].

Un hommage national lui est rendu le 12 mai suivant devant l'hôtel de ville de Marseille. Lors de cette cérémonie, sont notamment présents le président de la République François Mitterrand, les anciens Premiers ministres Pierre Mauroy et Laurent Fabius, le Premier ministre Jacques Chirac, le président de l'Assemblée nationale Jacques Chaban-Delmas et les ministres Charles Pasqua et François Léotard. Lionel Jospin, alors premier secrétaire du Parti socialiste, prononce avec une réelle émotion son éloge funèbre, suivi de Jean-Victor Cordonnier, premier adjoint et maire par intérim, qui évoque l'œuvre municipale du défunt. Ses obsèques ont lieu à la cathédrale de la Major. Il est inhumé au cimetière Saint-Pierre (pinède d'Arcussia, rang inférieur est, no 14). Selon ses vœux, un simple rocher brut provenant des Cévennes orne sa tombe.

Détail des mandats et fonctions politiques

Fonctions électives

  • Député socialiste des Bouches-du-Rhône de 1945 à 1958, puis de 1962 à 1981 (démission lors de son entrée au gouvernement) ; réélu en mars 1986, il décède en cours de mandat ;
  • Maire de Marseille de 1944 à 1946, puis de 1953 à 1986 ;
  • Sénateur socialiste des Bouches-du-Rhône, élu le 26 avril 1959, réélu le 23 septembre 1962 (démissionne le 13 décembre de la même année après avoir été élu député).

Fonctions gouvernementales

Filmographie

Notes et références

Notes

  1. Dite Maryse, elle épousera l'industriel marseillais André Cordesse, lui aussi protestant, qui fonde en 1945, avec Gaston Defferre, le quotidien Le Provençal et sera élu président de la chambre de commerce de Marseille en 1948.

Références

  1. Détails généalogiques sur le site « RootsWeb's WorldConnect Project: Coste family and ancestors from France, Switzerland, Royaume-Uni, Germany, Italy and Caribeans ».
  2. Francine Galliard-Risler, André Clavé : Théâtre et Résistance – Utopies et Réalités, A.A.A.C., Paris, 1998 – Ouvrage collectif écrit et dirigé par FGR, avec de très nombreux témoignages enregistrés et retranscrits – Préface de Jean-Noël Jeanneney - Épilogue de Pierre Schaeffer
  3. Jean-Marc Binot et Bernard Boyer, Nom de code : Brutus. Histoire d'un réseau de la France libre, Fayard, 2007
  4. Francine Galliard-Risler, André Clavé : Théâtre et Résistance – Utopies et Réalités, A.A.A.C., Paris, 1998
  5. Gérard Unger, Gaston Defferre, Fayard, , 391 p. (ISBN lire en ligne).
  6. « FO, l’étrange cheville ouvrière de Marseille », liberation.fr, 20 septembre 2011.
  7. « Marseille, du rêve américain de Gaston Defferre au rêve euroméditerranéen de Robert Vigouroux », mediapart.fr, 21 juin 2014.
  8. Entretien dans L'Intransigeant du 26 juillet 1962 cité par Valérie Esclangon-Morin, Les rapatriés d'Afrique du Nord de 1956 à nos jours, L'Harmattan, 2007 (ISBN 2296028349), p. 160.
  9. « Les pieds-noirs, 50 ans après », sur Le Figaro, (consulté le 1er septembre 2014).
  10. Brigitte Benkemoun, « Guerre d'Algérie : quand Gaston Defferre suggérait que les pieds-noirs « aillent se faire pendre » ! », atlantico.fr, 9 avril 2012.
  11. « Defferre-Ribière, le dernier duel pour l’honneur », sur leparisien.fr, (consulté le 16 avril 2017).
  12. « Le Duel (Reportage RTL) - Vidéo disponible sur Youtube », sur youtube.com.
  13. Remond René, « L'élection présidentielle et la candidature Defferre ». Dans : Revue française de science politique, 14e année, no 3, 1964. Remond René, « L'élection présidentielle et la candidature Defferre ». Dans : Revue française de science politique, 14e année, no 3, 1964. p. 518.
  14. Pierre Viansson-Ponté, Histoire de la République Gaullienne : Le temps des orphelins, été 1962-avril 1969, Tome II, Fayard, 1971, p. 135-136.
  15. « Historique, le pire score du PS au 1er tour de la présidentielle », sur LaProvence.com, .
  16. Pierre Viansson-Ponté, Histoire de la République Gaullienne : Le temps des orphelins, août 1962-avril 1969, Tome II, Fayard, 1971 (ISBN 978-2213003764), p. 135-136.
  17. Lionel Jospin, Lionel raconte Jospin, Éditions du Seuil, Paris, janvier 2010.
  18. Laurent Bonelli, La France a peur. Une histoire sociale de l'« insécurité », Éditions La Découverte, , p. 87.
  19. « Obsèques de Gaston Defferre » sur le site de l'INA.
  20. « 20 Heures de France 2 du 7 mai 1986 », sur YouTube / INA.

Annexes

Bibliographie

Liens externes

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