Betterave sucrière

Beta vulgaris

Beta vulgaris
Description de cette image, également commentée ci-après
Montée en graine dans un champ de betteraves
Classification
RègnePlantae
DivisionMagnoliophyta
ClasseMagnoliopsida
OrdreCaryophyllales
FamilleChenopodiaceae
GenreBeta

Nom binominal

Beta vulgaris
L., 1753

Classification phylogénétique

OrdreCaryophyllales
FamilleAmaranthaceae
Description de cette image, également commentée ci-après
Racines de betterave sucrière
(celle de gauche est une
variété à peau plus lisse se
lavant plus facilement)

La betterave sucrière est un type de betterave cultivé pour sa racine charnue utilisée principalement pour la production du sucre (saccharose).

Botanique

Description

La betterave sucrière cultivée est une plante bisannuelle à la racine de couleur blanche et bien enterrée, elle se développe en deux phases :

  • la première année est celle de la phase végétative : après la germination des glomérules, le feuillage se développe et la racine charnue accumule des réserves sous forme de sucre. Les racines sont récoltées en automne pour la production de sucre;
  • la deuxième année est celle de la phase reproductive : les tiges montent et les inflorescences se développent (en juin avec des fleurs hermaphrodites à fécondation croisée) pour aboutir, après la floraison et la pollinisation anémophile à la production des graines. La maturation du fruit se fait en aout.

Reproduction

La floraison n'intervient qu'après le premier hiver (ou parfois après un printemps inhabituellement froid)[1]. Comme chez toutes les plantes sauvages du sous-genre Beta la pollinisation est réputée essentiellement anémophile (pollens transportés par le vent), mais certains insectes semblent aussi pouvoir y contribuer[1]. Des hybrides à fleurs mâles stériles sont aujourd'hui largement cultivés[1].

Principales variétés cultivées

Il existe de nombreuses variétés. Les principaux critères de choix sont le rendement des racines, le rendement en sucre, la pureté des jus, la résistance à des maladies telles que la rhizomanie, le rhizoctone brun et la tolérance aux nématodes. D'autres critères sont importants tels que la résistance à la montée à graine.

Au Catalogue officiel des espèces et variétés[2] on compte actuellement plus de 1 000 variétés et plus de 1 600 variétés de betteraves sont inscrites au Catalogue européen des espèces et variétés[3].

La betterave sucrière est l'une des espèces où les progrès obtenus par l'amélioration variétale sont les plus importants et continus. Le programme AKER qui vise à améliorer la productivité de la betterave regroupe de nombreux partenaires[4].

Utilisation

La betterave sucrière est utilisée pour la production de sucre (dont la vergeoise)[5], et secondairement d'alcool et d'éthanol-carburant. Ses sous-produits sont la mélasse qui contient encore 50 % de sucre utilisée comme aliment appétant pour les animaux ; la pulpe de betterave, résidu de l'extraction du sucre est généralement déshydratée pour le même usage ; la mélasse sert aussi à la production de levure de boulangerie ; la racine a un pouvoir méthanogène de 250 m3 de CH4/tonne de matière brute ; les collets et les feuilles servaient ou servent pour l'alimentation du bétail (avec prudence car riches en acide oxalique pouvant atteindre des doses toxiques si les feuilles sont consommées fraiches et en abondance) ou sont restitués au sol (En France, à ce jour, elles ne sont généralement plus récoltées : la quasi totalité des fanes est enfouie selon France Agrimer[6]).

Depuis quelques années, le jus de la betterave à sucre est utilisé comme fondant routier en Amérique du Nord. Utilisé seul ou mélangé avec du chlorure de sodium, le jus de betterave est efficace jusqu'à -32°C et permet de réduire l'impact des agents de déglaçage sur l'environnement et les infrastructures[7],[8].

Le butane-2,3-diol est dérivé de l'amidon et de la betterave sucrière.

Économie

La culture occupe environ 4,5 millions d'hectares dans le monde (FAOSTAT 2014), surtout en Europe du Nord et aux États-Unis.

La production mondiale (FAO 2014) de betteraves sucrières est de 270 millions de tonnes, dont 131 pour l'Union Européenne. En 1965, elle était de 197 millions de tonnes avec un pic de 309 millions de tonnes en 1990, son maximum entre 2000 et 2014 a été de 278,11 millions de tonnes en 2011[9].

Depuis 1875 jusqu'à nos jours, la France est le premier producteur mondial de betterave à sucre[10]. Cette culture est concentrée dans le nord et l'est du pays ainsi que dans le bassin parisien.

Dans l'Union européenne, la culture de la betterave sucrière est réglementée dans le cadre de la politique agricole commune. Chaque pays dispose d'un quota de production autorisé en dessous duquel le prix est garanti, à un niveau supérieur au cours mondial.

Le , l'Union européenne met un terme aux quotas sucriers (mis en place en 1968, ils avaient pour mission de garantir la production) à un moment où le marché mondial est excédentaire et où la consommation de sucre augmente fortement dans les pays émergents[11].

Production de betterave à sucre
Production en millions de tonnes. Chiffres 2014
Drapeau de la France France37,8
Drapeau de la Russie Russie33.5
Drapeau de l'Allemagne Allemagne29.7
Drapeau des États-Unis États-Unis29,4
Drapeau de la Turquie Turquie16,7
Drapeau de l'Ukraine Ukraine15.7
Drapeau de la Pologne Pologne13.5
Drapeau de l'Égypte Égypte11.0
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni9.4
Drapeau de la République populaire de Chine Chine8.0
Total Mondial269;7
Source : Données de FAOSTAT[12]
Récolte mécanisée : une automotrice dite « intégrale » à grande capacité de stockage lui permettant de travailler sans interventions de bennes de transport.

Culture de la betterave sucrière

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Cuve industrielle du XIXe siècle.

Les principales variétés de betterave ont été décrites dès le Moyen Âge, notamment par Matthiole. L'origine de l'utilisation alimentaire des racines de betterave semble se situer dans la grande plaine qui s'étend de l'Allemagne à la Russie.

En 1600, Olivier de Serres, dans Le théâtre d'agriculture et mesnage des champs écrit :

« Une espèce de pastenades est la bette-rave, laquelle nous est venue d'Italie n'a pas longtemps. C'est une racine fort rouge, assés grosse, dont les feuilles sont des bettes, et tout cela bon à manger, appareillé en cuisine : voire la racine est rangée entre les viandes délicates, dont le jus qu'elle rend en cuisant, semblable à sirop de sucre, est très beau à voir pour sa vermeille couleur. »

Il chercha le premier à extraire le sucre des betteraves mais n'a pas réussi à trouver un processus rentable.

En 1747, un Allemand, Andreas Sigismund Marggraf, avait réussi à extraire le sucre de la betterave.Toutefois la première extraction industrielle de sucre fut l'œuvre, fin 1811, d'un Français, le chimiste Jean-Baptiste Quéruel, engagé en 1809 dans la manufacture sucrière de Benjamin Delessert.C'est Napoléon 1er qui avait encouragé les recherches en ce domaine, le blocus de l’Empire Français exercé par la marine britannique, ayant coupé l'Europe des ressources en sucre de canne des Antilles.

La culture de la betterave sucrière, ainsi que la fabrication du sucre, sont dès lors fortement encouragées. Le Journal du Département de Jemmappe du 24 janvier 1812 publie un décret impérial stipulant que 100 élèves, pris parmi les étudiants en pharmacie, en médecine et en chimie, seront attachés à diverses fabriques de sucre de betteraves nouvellement établies comme école spéciale de chimie, pour la fabrication du sucre de betterave. Chaque étudiant ayant suivi les cours pendant plus de trois mois et ayant prouvé qu'il connait parfaitement les procédés de fabrication recevra une indemnité de 1000 francs. Par ailleurs, le ministre de l’intérieur prendra des mesures pour faire semer dans l'étendue de l'Empire cent mille arpents métriques de betteraves, 500 licences pour la fabrication du sucre de betterave seront accordées dans tout l'Empire. Quatre fabriques impériales de sucre de betterave seront établies en 1812 devant fabriquer avec le produit de la récolte de 1812 à 1813, deux millions de kilogrammes de sucre brut.

Notes et références

  1. a b c et d Bosemark Nils olof, La betterave à sucre ; PDF, 52 p
  2. Base de données Gnis des variétés de betteraves sucrières.
  3. Base de données européenne des variétés de grande culture.
  4. Le site du programme AKER.
  5. Gaston Dejonghe, Cours de technologie sucrière : Sucrerie : I.- Fabrication du sucre de betteraves : II. - Fabrication du sucre de cannes : III.- Raffinage des sucres, Lambersart, Schaller, coll. « Institut industriel du Nord », , 240 Institut industriel du Nord », , 240 lire en ligne).
  6. France Agrimer (2016) L'Observatoire National des Ressources en Biomasse (ONRB) : Evaluation des ressources disponibles en France , Dec 2016, voir chap 1-01- Résidus de cultures annuelles p 12/126 (= actualisation de l'étude précédente datée de 2012)
  7. Steve Proulx, « Déglaçant à la betterave », La Vie en vert, Télé-Québec,‎ (lire en ligne).
  8. Liam Casey, « In Toronto’s deep freeze, beet juice beats salt for melting ice », lire en ligne).
  9. « Sugar beet production worldwide from 1965 to 2014 (in million metric tons », sur http://www.statista.com (consulté le 20 février 2016).
  10. « FAOSTAT », sur faostat3.fao.org (consulté le 28 avril 2016).
  11. « Sucre : l’Europe met fin aux quotas à un moment critique », lesechos.fr,‎ (lire en ligne)
  12. (en) « Données de FAOSTAT », sur FAO.
  13. La betterave : de la semence au sucre, Union Française des Semenciers, consulté 06 décembre 2017
  14. Désherbage des betteraves document ITB

Annexes

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Articles connexes

Liens externes