Aruba

Aruba (nl)
Blason de Aruba (nl)
Armoiries
Drapeau de Aruba (nl)
Drapeau
Administration
PaysDrapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Statut politiqueÉtat autonome
CapitaleOranjestad
Gouvernement
- Roi
- Gouverneur
- Ministre-président
Monarchie
Willem-Alexander
Alfonso Boekhoudt
Evelyn Wever-Croes (en)
Démographie
GentiléArubais(e)
Arubain(e)
Population115 120 hab.[1] (juillet 2017)
Densité596 hab./km2
Langue(s)Néerlandais, papiamento
PIB (2009)
 · PIB/hab.
2,516 milliards de $[1]
25 300 $[1]
Géographie
12° 30′ 40″ nord, 69° 58′ 27″ ouest
Superficie193 km2
Divers
MonnaieFlorin arubais (AWG)
Fuseau horaireUTC -4
Domaine internet.aw
Indicatif téléphonique+297
HymneAruba Dushi Tera
Code ISO 3166-1ABW, AW

Aruba est une île néerlandaise de la mer des Caraïbes, située au large des côtes du Venezuela, faisant partie des Petites Antilles. L'île forme un État du royaume des Pays-Bas à part entière depuis qu'elle s'est séparée des Antilles néerlandaises en 1986. En 2010, Aruba comptait 110 663 habitants, dont 29 998 vivaient à Oranjestad, capitale de l'île.

Géographie

Carte de l'île d'Aruba.

L'île d'Aruba est située en mer des Caraïbes, au nord de l'État venezuelien de Falcón. Elle fait partie de l'archipel des Antilles. L'île se localise à 27 km au nord de la péninsule de Paraguaná, sur la côte septentrionale du Venezuela.

Aruba possède peu de végétation tropicale et des plages de sable blanc qui font sa renommée auprès des touristes. Comme la métropole, Aruba est un pays plat dont le point culminant est le mont Jamanota à 188 mètres.

L'île est orientée nord-ouest sud-est sur une distance de 30 km. La superficie d'Aruba est de 193 km2. Son littoral a une longueur de 69 km.

Les villes principales sont Oranjestad (capitale), Sint Nicolaas, Santa Cruz (en) et Noord (en).

Climat

Aruba a un climat tropical chaud et très sec, voire semi-désertique mais cependant rafraîchi par des vents venant de l'océan Atlantique. Les températures sont quasi constantes, autour de 30 °C. Très sèche, elle ne comporte qu'une petite part de la flore tropicale que l'on retrouve ailleurs dans les Caraïbes.

L'île reçoit entre 300 et 400 mm d'eau par an, ce qui est très peu par rapport au reste des Antilles et la végétation n'y est pas très développée. On compte seulement 29 jours de pluie par an. En hiver, seulement à la mi-novembre, l'île est arrosée, avec 9 jours de pluie environ, alors qu'on ne compte aucun jours de pluie durant tout le printemps. La température moyenne est de 30 °C.

Moisjan.fév.marsavrilmaijuinjui.aoûtsep.oct.nov.déc.
Température minimale moyenne (°C)232323232424252526252324
Température maximale moyenne (°C)303030313233333434333131
Ce tableau est sujet à caution car il ne cite pas ses sources.

Histoire

L'île d'Aruba est d'abord peuplée d'Amérindiens caiquetios (en), une tribu arawak venue de l'actuel Venezuela vers l'an 1000.En 1499, l'explorateur espagnol Alonso de Ojeda accoste sur l'île. Celle-ci devient un refuge de pirates et de boucaniers espagnols, puis un immense ranch où les Espagnols introduisent chevaux, moutons, chèvres, cochons. Contrairement à ce qui a pu se passer ailleurs, les Espagnols n’exterminent pas les Arawaks mais leur permettent d'élever du bétail. Encore aujourd'hui, beaucoup d'Arubais ont des ancêtres amérindiens. Aruba reste sous contrôle espagnol jusqu'en 1636, date à laquelle le royaume des Pays-Bas en fait une colonie.

Après la cession de l'île par les Espagnols, des Juifs marranes fuyant les persécutions dans leurs pays (Espagne et Portugal) viennent s'installer dans l'île. Aruba change à plusieurs reprises de statut : propriété de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, colonie rattachée à la Guyane hollandaise et même, à deux reprises, les Néerlandais doivent cohabiter avec les Britanniques (1799-1802 et 1805-1816) sans qu'il apparaisse clairement qui détenait le pouvoir effectif à Aruba. Le gouverneur néerlandais entre 1642 et 1646 s'appelait Pieter Stuyvesant : il deviendra ultérieurement le gouverneur de la province néerlandaise de Nouvelle-Amsterdam jusqu'à son annexion par les Anglais en 1664 sous le nom de New York.

Pendant les guerres napoléoniennes, l'Empire britannique a pris le contrôle de l'île, entre 1799 et 1802, et entre 1804 et 1816, avant de la rendre aux Hollandais.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, les Pays-Bas sont occupés par l'Allemagne nazie à partir du . Le lendemain, les Britanniques placent l'île sous leur protection avant de la laisser aux États-Unis du jusqu'à la libération des Pays-Bas en 1945.

Le , la Couronne néerlandaise accepte le principe de l'autodétermination pour Aruba. Les Antilles néerlandaises prennent leur autonomie le et Aruba fait partie de cet ensemble constitué des îles Sous-le-Vent (Aruba, Bonaire et Curaçao situées près de la côte du Venezuela) et des îles du Vent (Saint-Martin, Saba et Saint-Eustache situées à l'est de Porto Rico). Une constitution est établie en avril 1955. Désormais, le royaume des Pays-Bas est constitué de deux entités de droit égal que sont les Pays-Bas et les Antilles néerlandaises.

Pour commémorer l'accord de 1948, la date du 18 mars est choisie comme fête de l'île (on ne peut dire fête nationale, puisqu'il ne s'agit pas d'une nation). Depuis le , c'est le « jour du drapeau », date à laquelle sont adoptés en même temps le drapeau et l'hymne « Aruba Dushi Tera » (qui signifie Aruba, terre précieuse).

Lors d'un référendum organisé en 1977, la population vote largement pour l'indépendance de l'île. Des négociations commencent. Le , des représentants de la Couronne néerlandaise, de chacune des îles des Antilles néerlandaises et des Pays-Bas acceptent au traîté de La Haye (en) le principe de l'autonomie de l'île d'Aruba, autonomie vis-à-vis des Antilles néerlandaises et non du royaume. L'autonomie est effective le . Le royaume est alors constitué de trois entités. L'accord de 1983 prévoyait l'indépendance dix ans plus tard, en 1996, mais le gouvernement arubais a préféré demander en 1994 la suspension de cette clause.

Politique

Constitution

  • Le souverain des Pays-Bas, Willem-Alexander depuis le , est le chef de l'État ;
  • Des élections législatives ont lieu tous les quatre ans pour désigner les 21 membres du Parlement monocaméral appelé les États (Staten) ;
  • Le Parlement nomme les sept membres du Conseil des ministres et le Ministre-président, qui les dirige ;
  • Le Conseil des ministres propose au souverain un gouverneur, dont le mandat est de six ans, et qui représente la Couronne sur l'île d'Aruba.

Gouverneur

Article détaillé : Gouverneur d'Aruba.

Le gouverneur représente le chef de l'État néerlandais à Aruba. Depuis le , cette fonction est occupée par Alfonso Boekhoudt.

Ministre-président

Article détaillé : Ministre-président d'Aruba.

Le ministre-président est le chef du gouvernement d'Aruba. Depuis novembre 2017, cette fonction est occupée par Evelyn Wever-Croes (en), membre du Mouvement électoral du peuple.

Partis politiques

  • Le Parti populaire arubais, AVP (Arubaanse Volkspartij / Partido di Pueblo Arubano) est un parti traditionnel chrétien-démocrate.
  • DR (Démocratie réelle)
  • MAS (Mouvement solidaire arubais)
  • Aliansa (Alliance démocratique arubaise)
  • PDA (Parti démocratique arubais), chef : Leo Berlinski
  • OLA (Parti libéral arubais), chef : Glenbert Croes
  • PPA (Parti patriotique arubais), chef : Benny Nisbet
  • CLA (Concentration pour la libération d'Aruba)
  • PARA (Pour Aruba renouvelée maintenant), chef : Urbana Lopez
  • ADN (Action démocratique nationale), chef : Pedro Charro Kelly
  • POR (Peuple fier et respecté)
  • RED (Réseau électoral démocratique)

Parlement

Les États d'Aruba (Staten van Aruba) est le Parlement de l'île. Il comprend 21 députés élus pour 4 ans. Depuis les élections du 22 septembre 2017, l'AVP et le MEP détiennent chacun 9 sièges, POR 2 et le RED 1.

Démographie

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffres de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.

La population d'Aruba est de 102 695 habitants en 2006. Elle est composée 20,7 % de personnes de 0 à 14 ans, à 68,3 % de personnes de 15 à 64 ans et de 11 % de personnes de 65 ans ou plus. Sa densité est de 532 hab./km². En 2003, l'espérance de vie des hommes est 75,48 ans et celle des femmes est 82,34 ans.

En 2003, le taux de croissance de la population est 0,55 %, son taux de natalité est de 12,64  en 2001, le taux de mortalité est de 6,21  la même année et le taux de mortalité infantile est 6,14  en 2003.

Langues

Article détaillé : Langues à Aruba.

90 % de la population parle papiamento, 85 % parle ou comprend l'anglais, 40 % parle ou comprend l'espagnol, 2 % a le néerlandais comme langue maternelle.[[réf. souhaitée]

Religions

Selon le Pew Research Center, en 2010, 91,9 % des habitants d'Aruba sont chrétiens, principalement catholiques (82,8 %) et dans une bien moindre mesure protestants (7,3 %)[2].

Économie

Avant l'arrivée des Espagnols, Aruba cultivait essentiellement l'aloès mais on ne sait pas grand-chose de l'économie de cette époque.

En 1825, les Néerlandais découvrent de l'or. C'est le premier âge de prospérité de l'île avec l'ouverture de mines et l'afflux de chercheurs d'or.

En 1924, Aruba profite de sa position au sortir du golfe pétrolier du Venezuela et du lac Maracaibo pour ouvrir une raffinerie de pétrole, c'est le deuxième âge d'abondance pour Aruba. En 1985, la raffinerie Lago qui appartient à une filiale d'ExxonMobil ferme : le gouvernement perd 30 % de ses recettes et entre en récession l'année suivante. En 1990, la raffinerie est rénovée puis achetée et rouverte par un autre consortium pétrolier américain, El Paso, mais en 2003 ce dernier indique son intention de vendre la raffinerie qui transforme 170 000 barils par jour.

Troisième âge d'or : le tourisme. Avec son régime politique stable, son climat quasi idéal et ses plages, Aruba offre aux touristes américains, vénézuéliens et néerlandais une destination qui correspond à la demande d'une île « paradisiaque ». En 2001, le tourisme représente 35 % des emplois et 38 % du PIB de l'île.

Mais le gouvernement cherche d'autres ressources pour une île qui n'exporte que son pétrole raffiné. Il jette son dévolu sur les très rentables « services financiers off-shore » que l'on peut traduire en langage courant par paradis fiscal.

Beaucoup de voisins antillais d'Aruba (Grenade, les Îles Caïmans, Antigua-et-Barbuda, etc.) ont déjà trouvé leur compte dans cet exercice. Mais la métropole et l'Union européenne exigent une plus grande transparence sur les transactions bancaires (en particulier via le GAFI). À partir du , les voyageurs avec plus de 20 000 florins arubais (le taux du florin arubais est fixé par rapport au dollar américain à 1,79 florin par dollar) en espèces doivent déclarer cette somme aux douanes arubaises. Aruba possède sa propre banque centrale, ce qui lui offre une certaine latitude dans ses politiques économiques, mais a dû promettre à l'OCDE d'aligner son système bancaire d'ici 2006. Aruba essaie toujours de développer ce secteur, sachant que le domaine est immense et flou.

Après le , la fréquentation des Américains chute et les finances du pays s'en ressentent. Le pays entre en récession, son PIB se contractant de 1,2 % en 2001 et de 3,8 % en 2002 alors que lors du boom du tourisme (au début des années 1990), la croissance annuelle était de l'ordre de 5 %.

Le budget de l'État doit faire face à un gros déficit et à une balance commerciale négative : d'un côté les touristes viennent moins, ce qui crée un manque à gagner important, de l'autre les Arubais ont, au cours de cette période de forte croissance (jusqu'en 2001), obtenu de fortes revalorisations salariales que les employeurs ne peuvent que difficilement assurer.

Le chômage reste encore inexistant (0,6 %). Le FMI prévoit pour 2003 une reprise de l'économie arubaise et un taux de croissance de 4 %, mais toujours un problème de dette publique qui fin 2002 était estimée à 37 % du PIB.

Aruba essaie de développer d'autres secteurs de service : relancer les raffineries, mais alors le tourisme risque de pâtir de la pollution de cette industrie. Une des perspectives mises en avant par le gouvernement sont les télécommunications et le développement de zones franches.

  • Exportations en 2001 : États-Unis 26,9 %, Venezuela 20,9 %, Antilles néerlandaises 19,5 %, Pays-Bas 14,2 %.
  • Importations en ???? : États-Unis 61,8 %, Pays-Bas 11,7 %, Venezuela 3,1 %, Japon 2,6 %.

Codes

Aruba a pour codes :

Patrimoine

Musées et autres institutions

Notes et références

  1. a b et c (en) « Aruba », sur The World Factbook.
  2. (en) « Religions in Aruba », sur www.globalreligiousfutures.org (consulté le 23 février 2018).

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

Lien externe