Antrain

Antrain
Antrain
La mairie d'Antrain.
Blason de Antrain
Blason
Administration
PaysDrapeau de la France France
RégionBretagne
DépartementIlle-et-Vilaine
ArrondissementFougères-Vitré
CantonAntrain (chef-lieu)
IntercommunalitéCommunauté de communes Couesnon Marches de Bretagne
Maire
Mandat
Claudine Clossais
2014-2018
Code postal35560
Code commune35004
Démographie
GentiléAntrainais
Population
municipale
1 319 hab. (2015 en diminution de 5,31 % par rapport à 2010)
Densité142 hab./km2
Population
aire urbaine
8 962 hab.
Géographie
48° 27′ 40″ nord, 1° 29′ 01″ ouest
AltitudeMin. 6 m
Max. 84 m
Superficie9,31 km2
Localisation

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Liens
Site webwww.antrain.fr

Antrain (officieusement Antrain-sur-Couesnon) est une commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en Région Bretagne, peuplée de 1 319 habitants[Note 1] (les Antrainais).

Géographie

Situation

Antrain, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Fougères-Vitré, est située :

Les communes limitrophes sont La Fontenelle, Tremblay, Saint-Ouen-la-Rouërie et Sacey (Manche).

La ville est bâtie sur un petit promontoire de 45 mètres d’altitude situé au confluent de deux cours d’eau : la Loysance et le Couesnon. Elle domine une verte région bocagère. C'est une ville-marché aux petites rues en pente conservant des demeures des XVIe et XVIIe siècles.

À la croisée de grands axes routiers importants, son territoire est traversé :

  • du nord au sud par l’axe Rennes-Pontorson-Mont Saint-Michel (RD 175),
  • d’est en ouest par l’axe Fougères-Saint-Malo par Dol-de-Bretagne (RD 155) qui permet d’accéder à l’autoroute des Estuaires (l’A 84 qui relie Rennes à Caen,
  • et enfin la RD 296 qui prend naissance au carrefour de « la Carrée » et qui conduit à Avranches.

L’agglomération semble s’être développée à cette intersection. Toutefois, l’histoire nous apprend qu’elle a grandi en fait à cause et grâce à l’un des rares ponts existant sur le Couesnon.

Topographie, géologie

Le territoire communal est peu étendu (931 ha) et de forme allongée le long de la vallée du Couesnon. De ce fait, le relief est faiblement marqué.

La carte géologique simple est composée de schistes briovériens dans lesquels se sont creusés les lits des cours d’eau, dans les vallées desquels, par suite de la remontée du niveau marin, se sont déposées des alluvions modernes.

Favorisée par un climat océanique (temps doux et pluvieux), c’est une région où les herbages sont développés pour l’élevage bovin.

La carte topographique de la commune est principalement marquée par la vallée du Couesnon et de ses affluents. D’une manière générale, le territoire se présente comme un plateau dont la pente est orientée vers le nord-ouest. Les variations topographiques n’excédent pas une dizaine de mètres, sauf à l’approche du Couesnon, notamment dans le sud du territoire communal. La partie nord présente un relief plus calme s’ouvrant sur une vallée beaucoup plus vaste. C’est d’ailleurs dans cette partie du territoire que l’on trouve les dépôts alluvionnaires les plus importants.

Hydromorphologie, boisement

Formant la limite communale ouest, le Couesnon est le cours d’eau le plus important dont quatre affluents forment les autres limites territoriales de la commune :

  • au sud, le ruisseau de Bonnefontaine,
  • au centre, la Loysance, qui draine l’agglomération,
  • à l’est et au nord, le Tronçon,
  • Enfin, tout au nord, le ruisseau de la Barbais.

Au nord, s’étend sur une partie de la vallée du Couesnon une zone de marais. Celui-ci s’étend sur une superficie de 1 162 km2 dont 952 km2 en Ille-et-Vilaine (Bretagne) et 208 km2 dans la Manche (Basse-Normandie). Il se trouve en zone de protection spéciale, dont le périmètre est de 930 hectares et concerne en plus d'Antrain, sept autres communes (Pleine-Fougères, Pontorson, Boucey, Aucey-la-Plaine, Sacey, Sougéal, La Fontenelle). La zone de marais dans laquelle se situe Antrain est connue sous le nom de marais de la Folie (du nom d'un hameau voisin) et fait 172 ha. il en existe trois autres bien distincts, tant par leurs caractéristiques paysagères que par leurs modes de gestion spécifiques : le marais du Mesnil (190 ha), le marais de Sougéal (285 ha), le marais d’Aucey-Boucey (290 ha). Il est source de richesse naturelle en faune et flore.

Il n’y a pas de parties boisées importantes. Cependant, au sud, l’environnement du parc du château de Bonnefontaine lui confère un aspect forestier.

Toponymie

Attestations anciennes

La localité est mentionnée avec différentes graphies et sous différentes formes dans les anciens actes :

  • Intramnum au XIe siècle[1].
  • Intramnum, Entraim, Entreacum au XIIe siècle.
  • Intramnum, Intrannum, Entrenium au XIIe siècle.
  • Intrenium au XIIIe siècle.
  • Entraing au XVe siècle[2].
  • enfin, dans les actes d’une époque postérieure, sous celles de : Intramneium et Intraineyum, puis Entrain ou Entrein au XVIe siècle, puis Antrin et finalement Antrain.
  • La dénomination Antrain-sur-Couesnon est une variante officieuse fréquente du nom.
  • Citons pour conclure, les formes bretonnes rencontrées sur certains documents : Etraon et Entraven.
  • Antrein en langue gallèse.

Étymologie

Le nom d’Antrain serait issu du latin interamnus (mansus) qui signifie « (domaine) entre les rivières » ou bien « au milieu des rivières » [3],[4], tire sans doute son toponyme de sa situation géographique entre les eaux du Couesnon et de la Loysance[5].

En revanche, Albert Dauzat considère Entrains-sur-Nohain (Nièvre, Intaranum IIe siècle, sur une des inscriptions d'Autun -RIO 1962 174-, Interamnum VIe siècle) comme un rhabillage latin du gaulois Intaranum, peut-être intar « entre » et anum « marais »[6]. De sorte qu’Antrain n'étant connu que par des transcriptions médiévales tardives, il s'agit vraisemblablement aussi d'un calque latin du gaulois[7], c'est-à-dire *Enterambes, *Entarambes, terme de même signification « entre-rivières »[7]. Ce mot gaulois se décompose en enter, entar « entre » cf. breton entr « entre », le mot celtique étant très proche du mot latin inter. Du reste, la forme semi-latine est bien attestée dans le glossaire gaulois - latin de Vienne : inter ambes traduit par le latin inter rivos « entre-rivières »[7]. De même Entarabo (au datif), épithète d'une divinité gauloise se comprend de la même manière « entre-rivières »[7] ou encore *Entaran- qui se comprendrait comme « entre-marais, au milieu des marais » et ce, d'après la proposition d’Albert Dauzat ci-dessus, mais avec le gaulois enter, entar postulé par Xavier Delamarre et non pas *intar. Le second élément -an-, sous la forme ana, est inscrit dans le glossaire de Vienne et traduit par le latin palude « marais ». Ces deux explications s'accordent l'une et l'autre avec la localisation primitive du village, Antrain étant située entre deux rivières dans la zone des marais du Couesnon (voir ci-dessus).

Albert Dauzat fait un parallèle avec les types toponymiques Antraigues, Entraigues du midi qui remontent au latin inter aquas « entre [deux] cours d'eau », qui ne se rencontrent pas dans l'aire de diffusion de la langue d’oïl, mais bien au sud de la France plus romanisé, alors que le type toponymique Antra(i)n / Entrain(s) est caractéristique du nord.

Histoire

Des fouilles archéologiques indiquent une présence sur les lieux d'artisans fondeurs, dès le Néolithique, et d'une implantation gallo-romaine au croisement de plusieurs voies de communication reliant Jublains à Corseul[8].

Bien que positionnée sur un mamelon commandant le Couesnon, il semble qu'Antrain n'ait pas été fortifiée de pierres; la motte féodale située sur les bords du Couesnon n'excluant pas une utilisation armée du site.

Antrain prend une certaine importance[évasif] pendant la guerre de Cent Ans. Après Azincourt, en 1415, Antrain connait un réel essor industriel, notamment dans la draperie, la tannerie et le commerce. À partir du XVIIe siècle, l'économie de la ville bourgeoise commence à s'essouffler : les industries du textile déclinent, la situation géographique ne joue plus en faveur de son commerce, et peu à peu, la population commence à diminuer.

L’organisation des fêtes révolutionnaires témoigne de l’accueil favorable de la population d’Antrain aux changements apportés par la Révolution française, surtout après la fin de la Terreur :

Le 21 novembre 1793, l'armée vendéenne, de retour de Granville, met en déroute le général Kléber. Pourquoi alors la rue principale d'Antrain porte-t-elle son nom ?

« On se bat de part et d'autre avec un égal acharnement. Après quinze heures de combat, les républicains battent en retraite sur Fougères et sur Rennes, pendant que les Vendéens remplissent les rues d'Antrain. Cent cinquante prisonniers et blessés restés au pouvoir des républicains venaient d'ètre égorgés à Fougères, pendant que les femmes malades subissaient le même sort, après avoir été violées. On agite au Conseil la question de savoir si l'on n'usera pas de représailles, mais l'abbé Doucin et les généraux obtiennent la grâce des Bleus, qui sont renvoyés à Rennes avec des secours et ces mots de La Rochejaquelein : « C'est par des actes d'humanité que l'armée royale se venge des cruautés des ennemis ! ». »

— Louis Brochet, La Vendée à travers les âges, 1902

Pendant la Seconde Guerre mondiale des habitants d'Antrain sauvèrent des Juifs, au carrefour des ex RN 155 et RN 776 : le nom de ces Justes parmi les Nations est inscrit à Yad Vashem et les enfants de cette famille ont eu la médaille à titre posthume pour les actes héroïques de leurs parents. Il y eut malgré tout un juif séfarade arrêté à Antrain.

Le , la commune fusionne avec La Fontenelle, Saint-Ouen-la-Rouërie et Tremblay pour former la commune nouvelle de Val-Couesnon[Off. 1].

Héraldique

Armoiries ville d’Antrain.
  • Blason créé au début du XXe siècle par le député-maire René Le Hérissé.
  • Description : tiercé en pal, d’azur, d’argent et de gueules, au chef d’hermine, timbré de la couronne murale à cinq tours crénelés d’or, avec la devise « Toujours Antrain » sur listel de parchemin.
  • Signification : armes manifestant pour la commune d’Antrain la constance de sa double fidélité à la Bretagne et à la France.

Politique et administration

Liste des maires
PériodeIdentitéÉtiquetteQualité
17921795Jacques Péan Homme de loi
17951800- La constitution du 15 fructidor an III supprime les maires dans les communes de moins de 5 000 habitants
18001804Pierre Perrin Commissaire du directoire exécutif
18041817Pierre-Anne Péan Avocat
18171826Jean-Pierre Faucheux Notaire
18261830Pierre Davy Chirurgien
18301837Auguste Le Hérissé Capitaine d’état-major
18371841Pierre Ferret de Montitier Propriétaire
18411843Jean-Baptiste Lecailtel Horloger
18431847Jean-Marie Bertin Docteur en médecine
18471848Noël Lemonnier  
18481850Uldaric Robin Docteur en médecine
18501855Victor Orieux Maître de postes
18551860Victor Aubert Horloger
18601870François Tesnière Négociant
18701872Hippolyte Marion Ancien pharmacien
18721872Uldaric Robin Maire démissionnaire
18721872Hippolyte Colfort Maire démissionnaire
18721874René Pichot-Champfleury Médecin
18741886François de Guiton Propriétaire
18861888François Lepennetier  
18881889René Le Hérissé Député
18891892Henri Nicolle-Docteur en médecine
18921894René Le Hérissé Député
18941908François de Guiton Propriétaire
19081922René Le Hérissé Député, puis sénateur
19221935Auguste Le Hérissé-Administrateur des colonies en retraite
19351944Joseph Coupel Docteur en médecine
19441945Raoul Lahogue Docteur vétérinaire
19451953Fernand AupinelMRP puis DVDNotaire, conseiller général (1951-1976)
19531957Jean Trocherie Agent voyer
19571959Louis Deslandes Négociant
19591979Pierre Lahogue Vétérinaire
19791983Francis Richard Commerçant
19831989Roger Talvas Commerçant
19892008Michel LahogueDVGVétérinaire, conseiller général (1988-2001)
2008en coursClaudine Clossais[11]UDIRetraitée

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la populationeffectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, lespopulations légalesdes communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais surune collecte d'information annuelle, concernant successivement tousles territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population estréalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées parinterpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[13].

En 2015, la commune comptait 1 319 habitants[Note 2], en diminution de 5,31 % par rapport à 2010 (Ille-et-Vilaine : +5,54 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
179318001806182118311836184118461851
1 5221 3751 5271 5241 7421 6511 5671 6481 696
185618611866187218761881188618911896
1 6131 5571 6421 6301 5821 6011 5251 5751 550
190119061911192119261931193619461954
1 5501 4431 5521 4841 4171 3831 4591 6821 528
196219681975198219901999200520102015
1 4441 4431 5481 4991 4891 3871 3861 3931 319
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie

Lieux et monuments

Monument historique

Le château de Bonnefontaine, façade est.
Le château de Bonnefontaine façade ouest.

La commune abrite un monument historique :

Autres sites et monuments notables

Vestiges préhistoriques et antiques

  • Oppidum (hameau de la Motte).
  • Voie romaine.

Architecture civile

  • Maisons du Saut-Gautier et des Douves.
  • Manoir de la Choltais, XVIe siècle.
  • Pont de Loysance, XVIIIe siècle, sur le Couesnon.
  • Pont sur le Couesnon du XVIIIe siècle.

Architecture sacrée

L'église Saint-André.

Activité et manifestations

Personnalités liées à la commune

  • Gilles de Ruellan (1545-1627), aristocrate et homme politique français.
  • François de Guiton (1832-1908), né le 11 juin 1832 à Montanel, décédé le 4 février 1908 à Antrain, dernier vicomte de Guiton, maire d'Antrain pendant 26 ans (1874 à 1886 et 1894 à 1908). Président du comice agricole du canton.
  • Léon Jenouvrier (1846-1932), avocat, homme politique français.
  • René Le Hérissé (1857-1922), conseiller général, député puis sénateur. Boulangiste de gauche, il fut maire de la commune pendant 17 ans. L'hôpital local porte son nom.
  • Henri Chenais, né à Messac le 18 novembre 1908, épouse en 1935 Madeleine Lorin, fille d'un industriel local. Officier-mécanicien sur le sous-marin L'Ajax coulé lors de la bataille de Dakar le 24 septembre 1940, il est repêché par les Anglais et rejoint le général de Gaulle à Londres. Il terminera sa carrière au grade de vice-amiral. Décédé le 8 septembre 2000, il est enterré à Antrain.
  • Maurice Delarue (1919-2013), né à Antrain, est un ancien résistant et journaliste français.

Notes et références

Notes

  1. Population municipale 2015.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références

  1. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne)
  2. Ernest Nègre, op. cit.
  3. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 22a
  4. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Volume I. p. 301.
  5. Ernest Nègre, op. cit..
  6. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit., p. 264a
  7. a b c et d Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance 2003, p. 349.
  8. [1] Article Patrimoine des communes de France sur http://fr.topic-topos.com/
  9. Louis Dubreuil, « Fêtes révolutionnaires en Ille-et-Vilaine », in Annales de Bretagne, volume 21, tome 4, 1905, p. 398-399
  10. Dubreuil, Fêtes…, p. 401
  11. « Claudine Clossais a été réélue première magistrate », Ouest-France, 31 mars 2014.
  12. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  16. « Château de Bonne-Fontaine », notice no PA00090496, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi

Articles connexes

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Liens externes

Bibliographie

  • Jean-René Durand, Les objets de la vie quotidienne et des activités rurales dans deux cantons d'Ille-et-Vilaine au XIXe siècle à partir des inventaires après décès (cantons d'Antrain et de Plélan 1810-1880), Rennes, 1984, 331 p., (Archives d'I&V - Mémoire 2 J 404).


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