Algrange

Algrange
Algrange
Église catholique Saint-Jean-Baptiste.
Blason de Algrange
Héraldique
Administration
PaysDrapeau de la France France
RégionGrand Est
DépartementMoselle
ArrondissementThionville
CantonAlgrange (chef-lieu)
IntercommunalitéCommunauté d'agglomération du Val de Fensch
Maire
Mandat
Patrick Péron
2014-2020
Code postal57440
Code commune57012
Démographie
GentiléAlgrangeois
Population
municipale
6 173 hab. (2015 en diminution de 5,67 % par rapport à 2010)
Densité887 hab./km2
Géographie
49° 21′ 36″ nord, 6° 02′ 56″ est
AltitudeMin. 221 m
Max. 405 m
Superficie6,96 km2
Localisation

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Algrange est une commune française située dans le département de la Moselle, en région Grand Est.

Géographie

La commune d'Algrange se trouve sur la rive gauche de la Moselle, à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Thionville. Elle est limitée au sud par les communes de Nilvange et de Knutange, tandis qu'à l'est et à l'ouest, elle est bordée de deux plateaux dont un avec pelouse calcaire. Le village est installé dans une vallée étroite qui s'étire sur quatre kilomètres de long et qui est parcourue par la Schtinckbach, un petit affluent de la Fensch. Le fond de la vallée se trouve à une altitude qui avoisine les 250 mètres, alors que le point culminant situé sur le plateau atteint les 395 mètres.

Ecarts lieux-dits et quartiers

  • Batzenthal

Toponymie

  • Algrange[1],[2],[3] : Alkerengis et Alkeringas en 875, Alkeringis (1139), Algerenge (1205-1206), Alkringes (1239), Algringes (1293), Alcrange (1323), Algringen (1347 et 1605), Allgringen (1596 et 1762), Ollegrange (1685), Olgrange (1762), Allegrange (1793), Algrange ou Olgringen (1845). Algringen en allemand[1]. Oolgréngen et Algréngen en francique lorrain.
  • Batzenthal[1] : Bacendal (1147), Batzendall (1622), Batzendail (1650), Balsandal (1685), Batzandal (1686), Batzental (1692), Ballendal (1708), Batzeler (XVIIIe siècle).

Histoire

Algrange dépendait de la province luxembourgeoise ; possession des abbayes Saint-Vanne de Verdun, Villers-Bettnach, Saint-Pierre de Metz et Justemont.

Cet endroit a dépendu de la seigneurie de Florange ; il fut après la confiscation de celle-ci réuni à la « landmairie prévôtale » d'Oetrange[4].

En 1817, Algrange, village de l’ancienne province des Trois-Évêchés (depuis 1659), avait pour annexe la ferme de Batzenthal. À cette époque, il y avait 228 habitants répartis dans 52 maisons et fermes[5].

Le moulin de Gourstal, donné en 1205 par Wirric, seigneur de Vallecour, à l’abbaye de Justemont.

Comme les autres communes de l'actuel département de la Moselle, Algrange est annexée à l’Empire allemand de 1871 à 1918. La première ligne de chemin de fer est ouverte le 1er juin 1882, suivi de peu par le premier bureau de poste, ouvert le 10 janvier 1884. L'hôpital des mines et forges est ouvert le 30 septembre 1899. Algrange connaît une période de prospérité au début du e siècle, grâce à ses quatre principales mines de fer (une dizaine de puits ouverts) et à l'usine Hütte Friede (S.M.K.) en partie sur le ban communal.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les Mosellans se battent naturellement pour l’Empire allemand. Beaucoup de jeunes gens tombèrent au champ d'honneur sous l’uniforme allemand, sur le Front de l’Est, mais aussi à l’Ouest, en particulier en France et dans les Flandres. Sujets loyaux de l'empereur, les Mosellans accueillent cependant avec joie la fin des hostilités et la paix, enfin retrouvée. Algringen redevient Algrange.

Algrange fut l'une des trois premières municipalités de Moselle, avec Hagondange et Amnéville, à être dirigée par un maire communiste, en 1923. Le Front populaire et les grèves de 1936 touchèrent la population algrangeoise. Les mines et la S.M.K. cessèrent alors leurs activités, les ouvriers étant en grève, comme dans le reste de la France.

La Seconde Guerre mondiale et le drame de l'Annexion marqueront longtemps les esprits. Beaucoup de jeunes gens incorporés de force dans les armées allemandes ne revinrent jamais. La commune sera libérée dès le 10 septembre 1944[6] grâce à la IIIe armée de Patton.

Dans le Républicain Lorrain daté du 17 août 1961, on pouvait lire qu'avec l'extension du Batzenthal, la ferme construite en 1726 serait appelée à disparaître, pour permettre l'extension du nouveau quartier résidentiel d'Algrange.

Une ligne de chemin de fer, qui desservait Algrange à partir de Hayange, a été fermée aux voyageurs le 31 août 1944, et aux marchandises vers 1974.

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Liste des maires

Liste des maires successifs
PériodeIdentitéÉtiquetteQualité
17961808Pierre Weber  
1808juillet 1812Pierre Gille  
juillet 1812janvier 1831Jean Frantz maire d’Angevillers et d'Algrange
février 1831août 1833Jean-Pierre Greten maire d’Angevillers et d'Algrange
9 août 1833janvier 1842Louis Muller  
4 février 1842octobre 1848François Freichein installé le 8 février 1842
8 octobre 1848avril 1853Jean Gille le jeune installé le 16 novembre 1848
13 mai 1853juillet 1860Antoine Weber installé le 22 mai 1853
14 juillet 1860juillet 1865Nicolas Weber cultivateur, installé le 15 août 1860
7 septembre 1865octobre 1871Jean Pirche agriculteur, installé le 17 septembre 1865
30 juillet 1871décembre 1881Louis Renard tisserand, installé le 17 décembre 1871
10 janvier 1882août 1886Jean Gille agriculteur, installé le 15 janvier 1882
22 août 18861891Nicolas Hoffmann menuisier
1891juin 1895M. Rauch  
5 juin 18951900Joseph Kill boucher
1900janvier 1910Pierre Wiltzer maire fonctionnaire
19 janvier 1910novembre 1918Paul Frey maire de carrière
28 novembre 1918décembre 1919Luc FlorangeRépublicainprésident de la délégation municipale d’Algrange
10 décembre 1919septembre 1922François DorvilléSFIO 
25 mars 1923mai 1925Victor HaberkornPCF 
17 mai 1925juin 1940Louis KoppSFIO 
juin 194010 septembre 1944Regneri  
17 septembre 1944septembre 1945Nicolas Gille président de la délégation municipale d’Algrange
29 septembre 1945Mars 1977Frédéric SchultzRépublicain 
25 mars 1977juin 1995Henriette SimonettoPCFconseillère générale du canton d'Algrange (1992-1998)
18 juin 1995mars 2001Gilbert SchmittPCF 
17 mars 2001mars 2008Roland RuscherSE 
22 mars 2008en coursPatrick PeronPCF 

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la populationeffectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, lespopulations légalesdes communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais surune collecte d'information annuelle, concernant successivement tousles territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population estréalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées parinterpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[8].

En 2015, la commune comptait 6 173 habitants[Note 1], en diminution de 5,67 % par rapport à 2010 (Moselle : -0,06 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
179318001806183618411861186618711875
264200217334341357335367364
188018851890189519001905191019211926
4041 1511 9432 3825 2307 5759 4756 9479 528
193119361946195419621968197519821990
10 1757 9537 8778 4179 1638 6587 6586 7676 325
199920062007200820132015---
6 1986 3266 3436 3606 2976 173---
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement

  • Institut Biblique Baptiste
  • École de garçons puis de filles rue Clemenceau
  • Maison de la Sainte-Famille
  • L.E.P.T. Saint-Vincent-de-Paul
  • École maternelle La Lorraine
  • École de la Mairie
  • Écoles de la rue Wilson
  • École du Chemin des Dames
  • École maternelle rue de Londres
  • Collège Évariste-Galois qui regroupe les communes de : Algrange et Nilvange
  • École du Batzenthal

Culture locale et patrimoine

Héraldique

Blason de Algrange Blason De gueules au marteau contourné d'argent posé en pal, chargé d'un dragon contourné d'or, les ailes éployées, la queue tortillée autour du manche du marteau, crachant des flammes du champ.
Détails
1962

Lieux et monuments

Édifices civils

  • Vestiges préhistoriques et antiques.
  • Façades néo-Renaissances et néo-gothiques datant de l'Annexion.
  • Fresque monumentale de Greg Gawra à la gloire des quatre mines et de ses travailleurs : le plus grand mur peint avec le plus grand nombre de personnages ayant existé.
  • Monument aux morts.
  • Stèle des mineurs des quatre mines.
  • Pierre dite des Croates, 1650.
  • Autel datant de 1754 à la chapelle.

Friches industrielles des sites sidérurgiques et miniers :

  • mine Burbach à Algrange ;
  • mine Röchling et ensuite d'Angevillers ;
  • mine Pennsbrunn et ensuite de Rochonvillers ;
  • mines Witten I et II ;
  • mine Moltke puis Sainte-Barbe et en dernier La Paix ;
  • usine Hutte Friede Kneuttigen puis Société Métallurgique de Knutange (SMK) et Société Mosellane de Knutange (SMS) au 3/4 sur le ban d'Algrange.

Édifices religieux

  • Église catholique Saint-Jean-Baptiste, néo-gothique, 1892.
  • Chapelle Saint-Antoine-de-Padoue ; installée en 1920, destinée aux nombreux mineurs immigrés, italiens et polonais ; aménagée définitivement en lieu de culte en 1934
  • Temple protestant réformé, rue Foch construit entre 1890 et 1891.
  • Église néo-apostolique, 1961, rue de Bous.
  • Grotte Notre-Dame-de-Lourdes, 1951.

Personnalités liées à la commune

Il existe une catégorie relative à ce sujet, voir Naissance à Algrange.
  • Adolf Wagner (1890-1944), Gauleiter et membre de haut rang du NSDAP, né à Algrange.
  • Josef Wagner (1899-1945), Gauleiter et membre de haut rang du NSDAP[10], né à Algrange.
  • Nikolaus Kyll (1904-1973), historien des religions allemand, né à Algrange.
  • Fritz Sperling (1911-1958), homme politique allemand, né à Algrange.
  • Christian Eckert, homme politique français, né en 1956 à Algrange.
  • Claude Bodziuch, footballeur français, né en 1957 à Algrange.
  • Michel Liebgott, homme politique français, né en 1958 à Algrange.
  • Philippe Hinschberger, joueur et entraîneur de football français, né en 1959 à Algrange.
  • Gilbert Gruss, karatéka français, ancien champion de France et d'Europe, du monde par équipe, entraineur de l'équipe de France, né en 1943 à Algrange.
  • Baptiste Butto, handballeur français, né en 1987 à Algrange.
  • Aurélien Salmon, joueur de basket-ball français, né en 1987 à Algrange.

Héraldique

De gueules au marteau d'argent chargé d'un dragon contourné d'or, les ailes éployées en fasce et la queue tortillée autour du marteau.

Le blason d'Algrange[11]. Le marteau est l'emblème du mineur et du forgeron sur un fond rouge symbolisant l'industrie métallurgique. Le dragon, emblème de feu, provenant des armes de l'abbaye Saint-Vanne de Verdun rappelle qu'une partie des terres d'Algrange était une ancienne possession de ce monastère.

Pour approfondir

Bibliographie

  • Anciens algrangeois, Algringen zum Gedächtnis, juillet 1938, 136 p.
  • Denis Germain, Burbach, quartier minier d’Algrange, mémoire de maîtrise de l’université de Metz, 1973.
  • Vincent Gori, Algrange d’une guerre à l’autre 1918-1939, mémoire de maîtrise de l’université de Nancy, 1991, 240 p.
  • Roland Sebben, Algrange : cité aux quatre mines, Éditions Fensch Vallée, mars 1997, 346 p. (ISBN 2-908196-23-9).
  • Roland Sebben, Retour à la France de la vallée de la Fensch, Partie Algrange, Éditions Fensch Vallée, octobre 1998, 156 p. (ISBN 2-908196-32-8).
  • Roland Sebben, Algrange : cité du fer, Éditions Alan Sutton, août 2002, 128 p. (ISBN 978-2842537821).
  • Ernest Niessen, Elle avait bonne mine… la mine d’Angevillers, Éditions Fensch Vallée, septembre 2008, 284 p. (ISBN 978-2-916782-18-8).

Articles connexes

Liens externes

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Notes et références

Notes

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références

  1. a b et c Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868.
  2. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Administration générale des postes, Dictionnaire des postes aux lettres, contenant les noms des villes, communes et principaux lieux habités de la France, Paris, Imprimerie Royale, 1845.
  4. Publications de la Société pour la Recherche et la Conservation des Monuments Historiques dans le Grand-Duché de Luxembourg, Volume 18, Imprimerie-Librairie V. Buck, 1863.
  5. Viville, Dictionnaire du département de la Moselle, 1817.
  6. 1944-1945, Les années Liberté, Le Républicain Lorrain, Metz, 1994 (p. 14).
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  10. Biographie sur historisches-centrum.de
  11. Armoiries et logo de la ville